CHAPITRE XIII
Jl n'y avait plus qu'à regagner l'Autriche. Le soir même du 20 novembre, dans la froide brume qui, montant de la pièce d'eau des Suisses, noie, en cette saison, tout le quartier Saint-Louis, le comte de Chambord quitta la maison de son fidèle Vanssay.
C'était un adieu à Versailles et à la France. Tristement, en pleine nuit, avec la chute des dernières feuilles d'automne, il retournait à son Frohsdorf, où plus jamais ne retentirait un appel venant de la patrie. Le silence de l'abandon allait envelopper l'exilé.
Dès le troisième jour de son séjour à Versailles, Chesnelong avait été informé de sa présence chez M. de Vanssay.
Il eut, sans doute, la tentation d'aller lui présenter, avant le départ, ses hommages attristés ; mais la blessure causée par la lettre du 27 octobre était trop récente ; il avait, en outre, remarqué le geste du prince évitant sa présence à son arrivée à Versailles. Il s'abstint discrètement et dignement, résolu d'ailleurs à défendre contre toutes les attaques les intentions et la personne de celui qu'il avait placé sur la voie du trône.