CHAPITRE XIV
LE SEPTENNAT. — TRAVAUX BUDGÉTAIRES. — REPRISE DE l'action catholique. — VOYAGE A ROME
Il nous faut revenir sur l'attitude de Chesnelong au sein de l'Assemblée, après cette lettre du 27 octobre qui l'a laissé exposé à tous les coups. Le désarroi est au camp des royalistes ; les bonapartistes, fiers de leur jeune prince si séduisant de bonne grâce et de vaillance, relèvent la tête ; à la suite de Thiers, les républicains sont prêts à prendre leur revanche du 24 mai.
Sacrifié par son roi, plaint par ses amis, presque suspecté dans sa sincérité par des collègues distraits ou superficiels, le négociateur malheureux ne se résigne pas à cette torture morale. Il s'acharne au moins, dans ce grand naufrage des espérances du pays, à garder intact son honneur de vaincu.
Tous ceux qui savent la vérité sur le voyage de Salzbourg proclament très haut sa loyauté. Des témoins désintéressés comme de M. de Falloux écrivent : « Quiconque aime la France a voué à M. Chesnelong une estime et une reconnaissance ineffaçables ; il doit puiser