‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 169 sur 302 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

pu être et en constatant ce que nous sommes. Nous nous énervons à ce point dans les divisions et subdivisions de parti, que nous serons bientôt — peut-être demain — tout prêts à devenir la proie des radicaux et des césariens, et cela au milieu d'une Europe désorientée, mais menaçante ; au sein d'une Église dont les destinées définitives sont garanties, mais qui subit une terrible crise. Il y a là quelque chose qui dépasse ma clairvoyance ou qui l'épouvante. Je marche dans les ténèbres, et comme dans la peur d'un avenir prochain, trop prochain. Vous verrez de quel pas nous allons descendre, si nous ne nous ressaisissons pas, conservateurs et catholiques, pour faire tête au jacobinisme montant (1). »

Pour conjurer, autant que possible, les maux qu'il prévoit, le député si péniblement absorbé, depuis six mois, par la politique, va se rejeter dans le mouvement des œuvres rehgieuses.

Les œuvres d'enseignement l'ont toujours attiré. C'est une génération croyante qu'il faut mettre à la place de la génération jouisseuse de la fin de l'Empire, que n'a pu assagir l'horrible épreuve de la guerre ; ce sont des écoles libres et catholiques qu'il faut opposer à la Ligue maçonnique de l'Enseignement. Dans ce but s'est fondée, on le sait, la Société générale d'Éducation (2).

(1) Lettre à M"' de Guérines, op. cit.. t. III, p. 379.

(2) Le 12 avril 1867, « une imposante asseml)lée de catholiques de meurque, au nombre d'une centaine, s'était tenue à la maison de l'Oratoire, rue du Regard, pour entrer dans la voie des résolutions pratiques. On avait décidé la création et préparé l'organisation de la Société d'Éducation et d'Enseignement, avec ses trois comités d'arfm jnistration, de consultatiot^s juridiqtics et d'étttdes. Une section était

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Celle-ci poursuit toujours son double but : but matériel et pratique, qui consiste à fonder et encourager des écoles ; but moral et général, celui d'étudier toutes les questions relatives à l'éducation, et de préparer les moyens d'éclairer les pouvoirs publics pour la défense des intérêts religieux.

Il n'en fallait pas tant pour gagner définitivement à l'œuvre la sympathie de Chesnelong. D'ailleurs, il rencontrait là de vieux amis, comme MM. Dariste, ancien président de la Société, Ernoul et Keller, le baron de Mackau, Lucien Brun, Merveilleux du Vignaux. D'autres membres de l'association, comme Mgr d'Hulst, MM. Léon Cornudet, Connelly, d'Herbelot, le P. Monsabré et le P. Lescœur, allaient entrer peu à peu, eux aussi, dans son intimité. A partir de 1874, il apportera un concours très actif aux travaux de la Société, jusqu'à ce que, en 1880, l'importance de ses services le désigne comme président.

Plus empressée encore est sa collaboration aux œuvres du Comité catholique. On sait avec quel entrain il a prêté sa parole à l'Assemblée générale de 1872. Or, ce Comité tend à devenir une puissance. Les œuvres du Vœu National et les pèlerinages, les projets relatifs à l'enseignement supérieur, l'instruction populaire, les orphelinats agricoles et le patronage des enfants assistés, l'aumônerie militaire et les Cercles catholiques d'ouvriers, la Société Bibliographique, la bonne presse à propager sous toutes ses formes, en ont occupé les dernières assemblées, qui ont reçu les plus encourageantes bénédictions du pape.

consacrée à l'enseignement secondaire et à l'enseignement supérieur. L'abbé d'Hulst prit place dans cette assemblée, avec les Pères Lescœur et Nouvelle, de l'Oratoire, le Père Olivaint, jésuite, le Père Captier, dominicain, et l'abbé Thenon. dirocttMir de l'École des Carmes et fon- <lHtour de l'École Bossuet. » — Mgr liaudriliart, rtV de Mgr d'Hulst, t. I, p. 283.

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