‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 172 sur 302 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

électorales, soit municipales, est très importante. Il nous faut à tout prix trouver un moyen de supprimer les élections partielles, auxquelles nous ne pouvons pas survivre. Pour toutes ces délibérations, je compte que vous voudrez bien, vous et M. Ernoul, qui me l'avez proposé, nous apporter vos lumières (I). <>

Chesnelong accourt, en effet, à Paris, voit ses amis de la droite, et, de concert avec Ernoul, propose au duc de Broglie, à titre de transaction, une discussion simultanée et parallèle des deux lois. Le vice-président du Conseil ne pouvait s'engager sans l'avis de ses collègues. Ceux-ci repoussèrent l'arrangement. Rien ne pouvait plus conjurer l'alliance de l'extrême droite et de la gauche. Le 16 mai 1874, le cabinet de Broglie était renversé. Voyant sortir les ministres, Chesnelong se tourna vers ses voisins, et dit assez haut : « Saluez, Messieurs, le dernier njinistère de droite qui s'en va... Vous n'en re verrez pas un autre (2). »

Le maréchal parut très affecté de cet échec. Ne pouvant emprunter un ministère à la majorité qui triomphait, il se voyait, au moins, forcé d'aller moins à droite.

La vice-présidence du Conseil fut confiée au général de

(1) Lettre inédite, du 6 mai 1874.

(2) Indigné de ce bouleversement sans cause. M. Larrabure écrivait alors à Chesnelong :

« Quoi ! nous sommes là, gisant avec lo râle de la mort, nous sommes environnés de dangers, accablés de malheurs, et nos médecins se conduisent ainsi !... Quoi ! nous avons donné mission de nous sauver, et nos mandataires nous plongent dans les discordes !... Mais c'est, à la fois, criminel et nùsérablo ! Quand on aurait le parti pris de ilécrier le système parlementaire, on ne ferait pas mieux. Sur la question de priorité d'une affaire ou d'une autre, quand toutes les deux doivent venir, on ren\erse un gouvernement, on bouleverse le pays qu'on devait sauver ! Mais nous deviendrons l'objet de la risée et du mépris du monde ! Et c'est ainsi qu'on veut se concilier l'intérêt l)ienvoillant des autres nations, dont nous avons tant besoin ?... » — Lettre inédite, du 18 mai 1874.

Cissey. C'était une nomination sans signification politique; mais le duc Decazes garda les AfiEaires étrangères, et y apporta, plus que jamais, avec sa merveilleuse habileté diplomatique, sa défiance de l'Église, et son aversion de fraîche date pour la monarchie du comte de Chambord. M. de Fourtou représenta, au ministère de l'Intérieur, les espérances bonapartistes.

L'orientation du nouveau cabinet n'allait pas influer sensiblement sur les travaux du parlement. Des projets de loi étaient déposés ; des ordres du jour étaient votés ; l'Assemblée, qui sentait ses jours comptés, était disposée à réaliser hâtivement son programme.

On commença par la reprise, en troisième lecture, du projet de loi sur l'aumônerie militaire. Malgré l'opposition des généraux Saussier et Guillemant, Mgr Dupanloup obtint encore le maintien de l'institution qui, six ans après, devait succomber sous de nouveaux assauts.

Chesnelong fut moins heureux, on le sait, en défendant le projet du baron Chaurand sur le repos dominical. En apprenant son échec, le Siècle tressaillit d'aise : « Bonne journée, écrivit-il, pour le pays et pour la République ! »

Cependant la Commission des Trente ou Commission des lois constitutionnelles, poursuivait laborieusement sa tâche. Il s'y était formé une majorité composée des membres de la droite modérée et du centre droit. Elle était près de s'accorder sur l'organisation d'un Septennat personnel, reposant sur le droit de dissolution attribué au maréchal, et sur l'institution d'une seconde Chambre nommée, par moitié, par le maréchal, et élue, d'autre part, par le suffrage restreint.

Battu, sur cette question, dans la Commission, le centre gauche voulut prendre sa revanche devant l'Assemblée.

Le 15 juin, M. Casimir-Périer déposa, en son nom, une proposition présentant la République comme

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