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CHAPITRE XIV

l'espérance percent les voiles de l'agonie, et transfigurent ce mourant. Et la figure de Jésus-Christ dans la Cène de Léonard ! C'est le Dieu fait homme. Majesté idéale, grandeur divine, douceur, sérénité, tendresse, beauté, et encore douleur et compassion, cela se voit, se sent et ne se discute pas. Quant à fra Angelico, c'est céleste : cela aussi se sent (1). »

Visions de piété et de grandeur d'âme, encouragements pour sa noble et rude tâche, jouissances esthétiques de premier ordre, telles étaient, pour le voyageur, les principales faveurs rapportées d'Italie. La bénédiction du pape allait avoir un plus précieux effet.

Le Benjamin du foyer d'Orthez, l'aimable élève de l'institution Moncade, venait de terminer sa philosophie. Appelé à choisir une carrière, il donnait suite aux aspirations déjà exprimées à son père ; le séminaire d'Issy allait le compter parmi ses élèves. On sait avec quelle fierté le député catholique avait accueilli les premières ouvertures de ce dessein ; lorsque, au mois d'octobre 1874, ce fut un fait accompli, il ne contint plus son allégresse. « Savez-vous, écrivait-il, que, pour Emile, c'est fait ? Il est à Issy ; il a une piété d'ange ; le supérieur est ravi de lui... Lui,il se trouve pleinement heureux ; sa mère et moi, quelles que soient les souffrances de la séparation, nous plem-ons de joie (2). »

Ces souffrances allaient être, en effet, singulièrement allégées par le voisinage qui rapproche Issy de Versailles. Si douloureusement privé des siens pendant les sessions de la Chambre, Chesnelong allait enfin pouvoir, à la suite d'un rapide voyage, rencontrer un cœur fihal, et se consoler de discussions trop souvent haineuses en des colloques où l'amour divin sanctifierait les effusions de l'amour paternel.

(1) Lettre à M""' do Gviérines, op. cit., t. III, p. 407.

(2) Id:, op. cit., t. III. p. 408.

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