CHAPITRE XV
occasions de disputer aux ingérences maçonniques les grands intérêts soumis à l'Assemblée
Le Comité catholique de Paris était plus que jamais le centre des initiatives chrétiennes. Plus que jamais aussi, Chesnelong était l'âme de ce Comité. Le président, M. Bailloud, âgé de soixante-seize ans, ne faisait rien sans son avis. On venait de reprendre, dans cette réunion d'hommes éclairés et dévoués à l'Église, l'étude du projet de loi sur l'enseignement supérieur.
C'est l'époque où Chesnelong resserre son intimité avec les grands chefs du mouvement social catholique, Adolphe Baudon, Albert de Mun, le baron d'Avril. Le Comité de Paris a maintenant des succursales dans toutes les grandes villes.
Le 7 mars 1875, Chesnelong est appelé à Douai, pour inaugurer le nouveau local du cercle de l'École de Droit. On remarque, dans son discours, le rôle qu'il attribue aux Comités catholiques de province : « Voici
la discussion, et la question fut soumise à l'Assemble'e, malgré l'ardente opposition des partis extrêmes.
1 Notre proposition fut adoptée à xine voix de majorité. Il ne s'agissait que de la reprise de la discussion sur de nouveaux projets à établir. Ce n'est donc pas, comme on l'a dit, la République qui a été votée à une voix, mais la continuation des débats sur la constitution.
» A cette époque, le comte de Chambord avait fait échouer la monarchie par le drapeau blanc ; l'Empire, effondré dans la défaite, avait été déclaré déchu ; tous les courants portaient vers la République. Dans ces conditions, il ne restait plus qu'à chercher le possible et le moins mauvais. Un groupe improvisé, dont je fis partie, présidé par M. Wallon, se dévoua à cette tâche, et produisit la constitution Wallon, établissant la République, qui fut votée non pas à une voix, mais à une grande majorité. Cette constitution, mutilée plus tard malheureusement par les .sectaires, n'en existe pas moins encore aujourd'hui dans ses grandes lignes. Les maux dont nous souffrons viennent beaucoup moins d'elle que de nos gouvernants.
«L'Assemblée Nationale monarchique n'a pas pu réaliser son idéal ; mais elle a eu le patriotisme de sacrifier ses préférences aux nécessités du temps et aux intérêts du pays, d
des pauvres : que nos œuvres de charité leur viennent en aide. Voici des délaissés ; que nos orphelinats et nos refuges les recueillent. Voici des enfants qui entrent dans la vie ; que nos écoles leur soient ouvertes. Voici des adolescents qui se débattent contre des séductions naissantes ; que nos patronages les protègent. Voici des égarés qui vivent en dehors de l'Église et de ses lois ; que nos sociétés de saint François Régis leur tendent une main amie et les ramènent au bercail. Voici des ouvriers abusés par de fausses doctrines, qui maudissent l'Église, parce qu'ils ne la connaissent pas ; que nos cercles catholiques, en leur montrant le dévouement clirétien en action, leur rendent le secret de la foi retrouvée et du respect reconquis. Voici des œuvres nouvelles à fonder, des forces à grouper, des institutions à sauvegarder, des efforts à encourager, des droits menacés à défendre ; que nos Comités catholiques mettent partout au service de tous les intérêts religieux une sollicitude qui ne se lasse jamais. »
Quelques semaines plus tard, c'est l'Assemblée générale des catholiques de France que Chesnelong harangue, une fois de plus, en qualité de président. Il est encore sous l'impression de l'accueil reçu du Souverain Pontife, quelques mois plus tôt. Aussi quel ardent dithyrambe en l'honneur de « cette voix qui retentit haute et ferme devant la puissance, calme et dominatrice devant le péril, implacable et vengeresse devant l'injustice, magnanime et consolante devant le malheur, de cette voix qui parle de Dieu avec des accents qui semblent être des échos du ciel, de l'Église avec une touchante tendresse et une inaltérable confiance, de la France avec une noble sympathie, du monde avec une sollicitude pleine de compassion ! »
Un autre sujet lui inspire une vive émotion, c'est la sublimité des fonctions du prêtre. Quand