CHAPITRE n
dans ces procédés, une atteinte injustifiée à sa considération. Immédiatement après le dépouillement du scrutin, Charles Chesnelong s'élance sur une estrade improvisée, et se met à haranguer les électeurs réunis à l'Hôtel-de- Ville. Il tient à venger l'honneur de son père d'accusations aussi ineptes que malveillantes. Il s'adresse spécialement aux jeunes gens, à ses camarades d'Orthez, et leur demande de juger la situation avec leur cœur de fils. Ses cris d'indignation et de douleur, ses larmes dans les yeux et dans la voix étonnent d'abord, puis émeuvent ; finalement, on applaudit cette piété filiale et ce courage servis par une éloquence qui promet une brillante carrière ; tout le désigne pour un rôle qu'il est le seul, sans doute, à ne pas ambitionner.
Le canton de Sahes-de-Béarn était alors représenté, au Conseil général des Basses-P^Ténées, par un allié de la famille Chesnelong. Membre distingué du barreau de
précisément cenx quo la réunion do la rue de Poitiers considère comme les chefs do file, c'est vous dire aussi qu'ils sont agréés par l'opinion modérée de la France. Maintenant j'ajoute que cette partie modérée de la Chambre, en se ralliant à Louis-Bonaparte pour l'appujer contre les hostilités de la majorité de l'Assemblée, entend toutefois sauvegarder les institutions républicaines. Ce n'est pas qu'elle pense que le pays soit imprégné de l'esprit républicain, niais il importe d'abord de faire l'expérience complète, dans les meilleures conditions possibles, d'un gouvernement honnête et d'une administraion régulière. H importo de conserver au pays lui-même son libre-arbitre, en le laissant se dégager de préoccupations puisées dans un ordre anormal, et en le préservant d'un entraînement précipité. Amsi, la République honnête, modérée, adaptée aux besoins de notre société, prémunie contre les entreprises des utopistes, voilà ce que nous espérons conquérir avec Louis Bonaparte, et ce que nous risquerions de n'avoir pas avec le général Cavaignac. Vous apprécierez poiu-quoi je me suis refusé à signer avec huit de vos collègues. Veuillei^ me rappeler au souvenir de nos amis, offrir mes sentiments respectueux à %citre famille, et recevoir l'assuranne de mon sincère dévouement. »