‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 193 sur 302 · NOUVELLE CANDIDATURE. — SON ÉLECTION AU SÉNAT · texte numérisé non relu

NOUVELLE CANDIDATURE. — SON ÉLECTION AU SÉNAT

Après un tel effort, notre député avait droit à à quelques semaines de repos. Mais M. Larrabure l'avait institué son exécuteur testamentaire. Il fallait régler les affaires de sa succession. Sauf dix jours passés au bord de la mer, les vacances de Chesnelong furent absorbées par ce fastidieux travail. D'ailleurs, si les fonctions parlementaires étaient suspendues, la j^olitique locale ne chômait pas.

Au mois de juillet, l'Assemblée Nationale avait voté la loi électorale relative à la constitution du futur Sénftt. Soixante-quinze sénateurs devaient être nommés par l'Assemblée elle-même ; deux cent vingt-cinq allaient être élus par les délégués des conseils municipaux.

Quel sort serait fait à Chesnelong, après la dissolution

de cette Assemblée, où il avait si ardemment milité ? Briguerait-il au Sénat un siège électif ? Se laisserait-il désigner, pour cette haute fonction, aux suffrages de l'Assemblée ? Affronterait-il les risques du suffrage universel pour obtenir, dans la future Chambre, un mandat de député ? L'intérêt d'une légitime ambition, la perspective d'une vieillesse calme et honorée, la presque certitude du succès, tout lui conseillait d'opter pour le Sénat, tout, sauf l'intérêt bien entendu de son département et de son pays. Dès lors, il ne pouvait hésiter.

Persuadé que son nom serait utile aux conservateurs des Basses-Pyrénées pour faire passer leurs autres candidats à la Chambre des Députés ; prévoyant d'ailleurs que cette Chambre compterait quantité d'éléments mauvais ou médiocres, il se dit qu'il serait coupable de la déserter et de laisser le champ hbre à des choix malheureux. Il résolut, dès lors, de descendre, une fois de plus, dans l'arène, afin de conquérir le poste de combat où il estimait pouvoir faire le plus de bien.

Il ne craignit pas de conseiller le même choix à quelques-uns de ses amis de l'Assemblée, spécialement au baron de Mackau : « Vous devez, à mon sens, vous présenter aux élections prochaines, et ne pas vous laisser tenter par la séduction d'une nomination au Sénat sans combat (1). »

En attendant les événements, il fallait préparer le succès des hommes d'ordre, dans l'une et l'autre Chambre. Nommé président du Comité conservateur des Basses-Pjrrénées, Chesnelong mit tous ses soins à susciter et à favoriser d'utiles candidatures, même pour le Sénat, auquel il ne prétendait pas.

(1) Lettre inédite, du 22 octobre 1875.

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