‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 21 sur 302 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

M. Laborde connaissait la puissance de travail et la souplesse d'esprit de son neveu. Il insista, et finit par triompher de sa modestie.

Restait à obtenir l'assentiment du chef de la famille. Quand il fut démontré que Charles pourrait assister aux séances du Conseil sans ai)réger les instants qu'il donnait aux siens, les dernières objections tombèrent, et la candidature fut décidée.

Le scrutin eut lieu le F'" août 1852. M. Laborde connaissait son terrain : par 2.129 voix sur 2.144 votants, Charles Chesnelong fut élu conseiller général. Quelques mois après, Louis-Xapoléon allait ceindre la couronne.

Rien de plus honorable que l'assemblée qui siégeait à Pau, à cette aurore de l'Empire. M. Laity, ancien compagnon de captivité du souverain au fort de Ham, la présidait, comme préfet, avec autant d'aisance que de distinction.

Parmi ses membres, on remarquait ]\L Elle de Gontaut-Biron. qui devait plus tard accepter de M. Thiers

ni'impo.«e. La sollicitude vigilante que tu m'as toujours témoignée, et que tu reportes avec tant de bonté sur tous mes enfants, tout ce que tu es pour moi, tout ce que tu as fait, tout ce que tu fais chaque joiu", en un mot tout ce que mérite un père tel que toi, j'en "suis pénétré. Crois-le bien aus?i, il n'est pas de jour où je ne remercie la Providence do m'avoir donné une mère comme celle qui nous a été trop tôt ra\-ie et un père dont j'ai tant de motifs de me montrer fier. Aussi, te voir jouir longtemps, bien longtemps, d'une vieillesse paisible et consolée, c'est mon désir le plus vif; y contribuer im peu, ce serait mon ambition la plus chère. En peux-tu douter, mon bien cher papn ? Si je manque des qualités que je m'efforcerai do me donner, oublie-le. Si j'ai des imperfections que je m'appliquerai à atténuer, pardorme-les aussi Mais si, pendant le coiu-s do ma vie, j'ai été assez heureux pour ne te donner aucun chagrin grave ; si mes actes, dont tu as toujours été le témoin, mes sentiments, dont tu as toujours été le confident, t'ont laissé, comme j'y compte, cette conviction que tes effort * pour faire de moi un homme de cœur et d'honneur n'ont pas été perdus, reste toujours bien as-suré que tu no cesseras jamais de renconti^er en moi im fils heureux de ton bonheiu:, souffrant do toutes tes peines, animé pour toi de la plus pieuse affection, et, permets-moi de l'ajouter, digne de toute ta tendresse. «

l'ambassade de France à Berlin dans des circonstances si douloureuses, et soutenir si dignement, vis-à-vis de Guillaume et de Bismarck, l'honneur des vaincus. Le canton d'Orthez y était représenté par M. Larrabure, que sa rigide droiture et son désintéressement, comme son attachement au régime impérial, avaient fait élire également au Corps législatif (1).

Au milieu de cette élite, Charles Chesnelong se trouva promptement à l'aise. N'élait-il pas, par son dévouement et son amour du bien public, l'égal des meillem's, et sa modestie pouvait-elle lui dissimuler l'ascendant que sa culture littéraire et philosophique, jointe à son éloquence naturelle, allait lui donner sur ses collègues ?

La liberté d'enseignement était alors à l'ordre du jour. Le principe en était voté depuis deux ans, mais on délibérait, même dans les Conseils généraux, sur l'opportunité et l'étendue de ses applications locales (2). De tous côtés surgissaient les collèges ecclésiastiques. On songeait à multiplier partout les écoles primaires. Malheureusement, dans cette hâte un peu fébrile de mettie à profit la

(1) On y comptait encore d'autres notabilités qui ont laissé leur trace, soit dans l'histoire générale, soit dans les annales béarnaises, comme JOI. Dariste, do Laussat, Planté, O'Quin, do Crousoilles, Dsguenet, le duc de Gramont. Le préfet d'alors déclarait qu'il aimerait autant avoir affaire au Sénat qu'au Conseil général des Baisses- Pyrénées.

(2) « Chargé, dans le Conseil général, du rapport annuel sur l'instruction primaire, je ne cessai d'affirmer la nécessité do l'éducation religieuse et de revendiquer les immunités de l'enseignement libre. Lor.sque, en 1852, la loi de 1850 fut atteinte par des modifications qui auraient pu, sinon en changer l'aspect, du moins on altérer le caractère et en restreindre l'efficacité, comme aussi lorsque les tliéories d'instruction obligatoire prirent faveur, en 1861, dans les région.^ officielles, je protestai, comme rapporteur au Conseil général, autant qu'il était en moi — les procès-verbaux en témoignent — au profit du droit des familles et de la liberté do l'enseignement clirétien, contre les tentatives d'envahissement ou les velléités d'oppression do l'Université officielle et de l'État. » — Ch. Chesnelong, Mémoirefi inédittt, t. I. p. 11.

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