‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 211 sur 302 · CHAPITRE XVIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIll

CHESNELONG PRÉSIDENT DU « COMITÉ CATHOLIQUE » ET DE LA « SOCIÉTÉ GÉNÉRALE D'ÉDUCATION ». — DÉ- FENSE DU BUDGET DES CULTES. — PREMIÈRES ATTEINTES A LA LIBERTÉ DE l'ENSEIGNEMENT CHRÉTIEN. — l'article 7 DE JULES FERRY

La défaite de ]Mac-Mahon sur le terrain électoral marque l'avènement définitif de la franc-maçonnerie. En même temps que les libéraux belges affiliés aux Loges bannissent de l'école l'enseignement religieux, lem*s collègues des Chambres françaises dirigent dans le même sens leurs premières attaques : à Versailles comme à Bruxelles, le mot d'ordre de la secte est obéi.

Contre un pareil effort, il importe de grouper étroitement les troupes fidèles et de renouveler leur armement. Les cadres les plus solides ont été jusqu'ici les Comités catholiques, auxquels la Société générale d'Éducation et d'Enseignement a fourni leurs principaux moyens d'action. En 1877, il est vrai, le préfet de police a retiré au Comité de Paris l'autorisation accordée en 1874 ; mais Tintervention énergique de MM. Chesnelong,

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Keller et de Belcastel a triomphé des préventions administratives. Le Comité a repris vigoureusement ses travaux, et, pour que rien n'arrête désormais son essor, M. Bailloud, accablé d'années et de fatigues, vient de remettre à Chesnelong la présidence de l'œuvre. Bientôt M. le chanoine Connelly lui confiera la direction de la Société d'Éducation ; il sera alors, sous le patronage des évêques, un des premiers agents de la résistance contre la guerre à l'Église.

Ce qui lui donne confiance en l'avenir, c'est que, dans sa personne et dans sa postérité, il se sent béni de Dieu. Que pourrait-il refuser à l'Église, à la veille du jour où l'un de ses fils va monter à l'autel ? Aussi, loin de se dérober à des devoirs presque sacerdotaux depuis longtemps assumés, va-t-il escompter la vertu des saints sacrifices offerts par le futur prêtre pour fortifier ses espérances religieuses. En attendant, il use de son autorité de père et de son expérience de fervent chrétien pour l'aider dans sa préparation au sous-diaconat. La lettre suivante montrera comment ce laïque, éclairé par les grâces d'un long apostolat, comprend les privilèges et les obligations de la vie ecclésiastique :

« Merci, mon bien cher enfant, de ta bonne, très bonne lettre. Tes prières nous porteront bonheur, à ton excellente mère et à moi. Si nous avons en ce moment notre part de tristesses, en voyant se préparer un avenir menaçant pour tout ce que nous respectons et aimons, combien cependant nous devons remercier le bon Dieu des bénédictions qu'il semble répandre sur toute notre famille ! Tu es pour beaucoup dans ces satisfactions intimes de notre tendresse. Tu as choisi la meilleure part, et Dieu te récompense de ce choix en te prédisj)Osant chaque jour davantage, par un accroissement de

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