‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 215 sur 302 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

supplications à l'œuvre de la défense religieuse. Bientôt la dévotion au Saint-Sacrement, les communions réparatrices, les adorationsdejouretdenuit. prirent, au moins dans les villes, un nouvel essor (1). C'était la réponse de Dieu aux ardentes invocations de son serviteur.

Cependant la tactique des radicaux se démasque. C'est à l'école chrétienne qu'ils vont livrer un formidable assaut. Avant même l'entrée en campagne, le 10 septembre 1878, Gambetta expose, dans son discours de Romans, les projets des Loges, en dénonçant « le péril que fait courir à la société française, telle qu'elle est constituée et telle qu'elle veut l'être, l'accroissement de l'esprit non seulement clérical, mais vaticanesque, monarchique, congréganiste et syllabiste. — Il faut, dit-il, refouler l'ennemi, et amener le laïque, le citoyen, le savant, le Français dans nos étabhssements d'instruction. ))

A ces menaces Chesnelong oppose sa ferme foi et sa confiance aux divines promesses. Sa propre vie n'offret-elle pas une preuve vivante de la fidélité du Très-Haut ? Les grands événements qui l'ont remplie ne sont-ils pas autant de bénédictions de Dieu sur sa personne et celle des siens ? Ces joies intimes le fortifient pour la lutte qui désormais va se poursuivre presque sans trêve.

Outre les affaires religieuses, les questions budgétaires l'appelleront périodiquement à la tribune, car, voyant les finances du pays aux mains d'aigrefins h\"pocrites,qui déjà les gaspillent en palais scolaires et autres œuvres de parti, il entend démasquer leur jeu.

Il trouve mauvais, en particulier, que, pour suffire à ces folles dépenses, on commence ])ar affamer les

(1) Cf Adolphe liaiidon, par l'abbé J. Srhall. p. i\:VJ.

curés de campagne : « Je ne comprends pas, dit -il, comment on marchande à de pauvres desservants de cinquante à soixante ans une augmentation de traitement de 100 francs, et comment on paraît oublier que, s'ils sont célibataires — comme on le dit souvent pour excuser un tel refus — ils sont presque toujours les soutiens de parents pauvres, et toujours, par le noble devoir de leur mission, la Providence des pauvres de leur paroisse. » Et, dans cette séance du 14 décembre, s'élevant, comme toujours, de l'examen des faits aux considérations les plus hautes, il établit entre la politique conservatrice de l'Assemblée Nationale et le programme radical qui déjà s'exécute un parallèle écrasant pour le ministère et pour la gauche du Sénat (1).

Dans le domaine budgétaire, Chesnelong est chez lui, et, pour faire œuvre utile, il n'a besoin que de son expérience. Il en est autrement sur le terrain religieux. Avant d'engager les luttes décisives, il convient de conférer avec le chef de l'armée catholique.

Chesnelong ne connaît pas le nouveau pape. A peine

( 1 ) Voici comment, malgré les dénégations de la gauche. Chesnelong caractérise le programme de « réformes » adopté par les Loges :

" Les grands commandements arrachés aux mains vaillantes qui les détiennent, voilà pour l'armée. L'épuration républicaine mettant toutes les fonctions publiques à la disposition d'un parti, voilà pour les administrations. L'inamovibilité brisée, sous prétexte d'investi ture nouvelle, voilà pour la magistrature. Le service militaire imposo aux séminaristes pour empêcher le recrutement de sacerdoce, voilà pour le clergé. Les congrégations religieuses pourchassées et dissoutes, voilà pour la liberté de conscience. La liberté d'enseignement mutilée ou brisée ; pas d'enseignement religieux dans les écoles publiques, pas de corps religieux participant à renseignement; l'éducation clirétienne mise en suspicion et les pouvoirs publics conviés à voter plus tard dos lois d'oppression qui seraient comme >me apostasie de la vieille religion du pays, voilà pour le droit des familles, n

L'iionune qui, en 1878, pouvait dénoncer si nettement tant d'ntt<>ntnts, et, en quelque sorte, écrire à l'nvance i'iiistoire di» nos trente dernières années ne manquait, il faut l'avouer, ni do clairNoyaiice. ni de courage.

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