‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 218 sur 302 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

y mettre du temps, une modération apparente, et assurer le succès de ce qu'ils appellent la réforme par des procédés savamment et cauteleusement combinés. C'est une différence de méthode, qui n'exclut pas l'identité de but. »

Les établisseraejits secondaires libres portaient spécialement ombrage au nouveau ministère. Depuis 1850 ils s'étaient multipliés, et avaient donné à la France une jeunesse aussi chrétienne que vaillante. « Vous l'avez vue, s'écriait Chesnelong, dans les champs de Castelfidardo et de Mentana, de Patay et du- plateau d'Avron, montrer que tous les courages se touchent, et que l'amour de la patrie s'allume au même foyer que l'amour de Dieu et de son Église (1). » C'est précisément le crime des établissements libres ; c'est ce qui motive leur arrêt de mort. Quant aux universités catholiques, n'osant les anéantir quatre ans après leur création, on va les affaiblir et les humUier, espérant les tuer lentement sous l'indifférence et le mépris.

Le danger ainsi dénoncé, il s'agit de s'unir pour le combattre. Deux jours après la clôture du Congrès, un groupe de catholiques mihtants, Chesnelong à leur tête, s'assemblent dans le salon d'Adolphe Baudon. 11 faut organiser la campagne ; il faut profiter de l'indignation soulevée par les projets Ferry pour instituer un vaste système de défense en faveur des écoles chrétiemies. Conférences ayant pour but d'éclairer l'opinion, création du Denier des Écoles destiné à subvenu aux frais de la lutte et au soutien des établissements pauvres, extension du petit ioimement, tous les moyens honnêtes et loyaux devront servir, selon Chesnelong, à cette agitation légale qui s'étendra à la France entière et pénétrera

(1) Discours à l'Assemblée générale des catholiques de FraLncCf

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jusqu'aux moindres hameaux. C'est le programme adopté par Montalembert en 1843 et 1845.

Ce programme, Chesnelong le résume dans une circulaire qui devra être envoyée à tous les Comités catholiques de province (1).

(1) Nous citons cette circulaire, qui a gsurdé, en partie, un carewitère d'actualité.

Paris, rue de l'Université 47, 3 mai 1879. « Monsieur,

)) Permettez-moi de signaler tout particulièrement à votre attention bienveillante et à votre zèle chrétien, parmi les décisions prises par V Assemblée des catholiques, qui s'est réunie à Paris du 15 au 19 avril dernier, celles qui forment en quelque sorte le résumé de ses travaux, et dont elle a désiré le plus vivement la réalisation.

)) I. — La première est relative à la ciéation de Comités locaux pour la défense des intérêts catholiques, spécialement la liberté d'enseignement et le maintien des écoles chrétiennes. Les événements qui se sont accomplis ces derniers mois, les attaques qui ont assailli de toutes parts nos écoles congréganistes et l'enseignement chrétien, les menaces qui s'élèvent contre les plus sacrés de nos droits, ont fait regretter à beaixcoup d'esprits sages que les catholiques se soient trouvés, d'une façon générale, si peu préparés à la résistance, et obligés, par suite, de perdre un temps précieux pour se réunir et se concerter. La nécessité d'organiser les forces catholiques est la conséquence des besoins qui nous pressent, car il ne faut pas qu'une seule école de Frères ou de Sœurs disparaisse; il ne faut pas que nous laissions adopter, sans protestation, des lois qui mettent en péril Ifi, liberté de nos consciences ; il ne faut pas que, dans un isolement stérile, nous restions témoins impassibles et impuissants de la ruine de notre foi et de l'abaissement de notre pays.

» Que de mal aurait été empêché, si, dans toute localité où une école congréganiste a été fermée, un intérêt religieux compromis, un scandale donné, il se fût trouvé un groupe de quelques hommes résolus, qui se seraient empressés d'ouvrir une école libre, d'opposer de fermes protestations, et au besoin de demander à la justice une réparation légitimement due !

» Vous pensez certainement, Monsieur, que le moment est venu de réparer une omission aussi fâcheuse, et de profiter des enseignements que les événements actuels portent avec eux, pour faire appel, autour de vous, à des hommes de bonne volonté, et pour trouver, dans cette tuùon, une force devenue si impérieusement nécessaire.

1 II. — L'Assemblée des catholiques a pensé que cela ne suffisait pas encore, et que nous devions aller plus loin dans l'emploi dos moyens qui ont fait jusqu'ici les succès de nos adversaires. A l'exemple

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