CHAPITRE XVIII
Cette propagande ne tarde pas à susciter un grand courant d'opinion en faveur de la liberté. Mais, de leur côté, les adversaires parlent et agissent. Jules Ferry colporte son article 7 de ville en ville. En torturant la loi, on chasse les Frères d'un grand nombre d'écoles communales. Et ce n'est pas sur le seul terrain de l'enseignement qu'on fait la guerre à Dieu. On prépare la suppression de l'aumônerie militaire et de la loi sur
de ce que ceux-ci pratiquent sur une large échelle, elle a recommandé d'organiser partout des réunions privées, dans lesquelles des hommes de talent, des hommes de cœur, feront connaître la vérité sur les questions actuellement en litige. Ces réunions, comme le prouvent les quelques expériences qui ont été faites, sont appelées à réaliser un bien considérable ; car elles dissiperont les préjugés, les malentendus, et gagneront à la cause catholique beaucoup d'esprits honnêtes et droits, qui ne se tiennent éloignés de nous que parce qu'ils ne nous connaissent pas.
» III. — Enfin, l'Assemblée des catholiques a exprimé le voeu que l'Œuvre nouvelle et si nécessaire du Denier des écoles catholiques reçoive la plus grande extension. Les ennemis de l'enseignement chrétien ont, vous le savez, organisé contre lui la Ligue de l'Enseignement, la Société pour l'instruction élémentaire, le Sou des écoles laïques, et ils ont, par ces moyens multiples, obtenu des sommes considérables. Pouvons-nous faire moins qu'eux, et laisser sans ressources la Société générale d' Éducation et d'Enseignement, qui marche si vaillamment à la tête des défenseurs de nos écoles chrétiennes ? Le minimiun de la souscription au Denier des Écoles a été fixé à un franc. C'est vous dire que tous peuvent et doivent s'intéresser à cette œuvre, qui doit devenir une œuxre populaire, parce qu'elle a pour but de défendre les intérêts de tous.
» C'est, en effet, la foi de nos enfants qu'il s'agit de préserver, la foi de la France ; c'est l'avenir de notre bien-aimé paj^s qu'il faut assurer, en maintenant énergiquement ses traditions séculaires ; c'est, enfin, l'existence de l'Éghse elle-même que nous devons protéger !
» Vous trouverez. Monsieur, dans le Bulletin de l'action catholique (li\Taison du Contemporain du l*'' mai 1879) les autres résolutions de l'Assemblée des catholiques. Je me borne à vous entretenir de celles qui précèdent, et je suis persuadé que vous ferez tout ce qui dépendra de vous pour que ces résolutions reçoivent leur accomplissement et procurent ces heureux résultats que nous en attendons.
» Veuillez agréer. Monsieur, l'assurance de ines sentiments dévoués.
Signé : Ch. Chesneloxo. •
le repos dominical ; (1) bientôt le prêtre sera expulsé des bureaux de bienfaisance ; bref, les institutions qu'au prix de tant d 'efforts, Chesnelong et ses amis ont obtenues de l'Assemblée Nationale sont presque toutes mises en échec.
Il importe d'activer le pétitiomiement. Certains catholiques fort en vue, comme M. de Kerdrel, craignent les inconvénients d'une canipagne de conférences. Chesnelong s'appUque à les convertir : « Nous ne souffrons pas seulement du parti pris violent et inique de nos adversaires ; nous souffrons aussi, vous le savez bien, du découragement et de l'atonie de beaucoup de nos amis. Il faut leur donner de la résolution et de l'initiative, leur montrer le péril et le devoir (2). »
Devant son insistance, les préventions tombent ; bientôt MM. de Mun, de Belcastel, Depeyre, Ernoul, Baragnon, Keller, de la Bassetière, Reille, Blachère, etc., dressent leur itinéraire ; ils iront demain faire entendre dans toutes les provinces le cri de raUiement en faveur de la liberté.
Chesnelong s'est réservé la Touraine ; mais tout d'abord les cathohques le réclament à la tribune du Sénat.
A la Chambre, malgré les efforts de IVIM. Etienne Lamy et KeUer, les projets Ferry ont triomphé. On escompte déjà la capitulation du Sénat, et, pour favoriser le recrutement des maîtres laïques qui devront remplacer partout les religieux, Paul Bert a fait voter par les députés une loi imposant aux départements qui en marquent la création d'écoles normales d'instituteurs.
Cette loi devait rencontrer, au Sénat, l'opposition
(I) Voir plii« haut, p. 2M.
'-"i Lettre iin'^dil'- h j\I. do Kerdrel, 7 septembre 1S79.