‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 251 sur 302 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

politiques qui vous divisent ; n'attaquez point la constitution, et unissez-vous sur le terrain religieux. » (1) Ne demandant le sacrifice d'aucune préférence, elle mettait à l'aise les partisans de tous les régimes ; conviant les catholiques à se placer sur le terrain légal en vue de l'amélioration des lois, elle pouvait, en diminuant les craintes d'opposition, créer un mouvement qui, dans les Chambres, déplacerait enfin la majorité. L'idée une fois acceptée, il fallait une organisation.

Or, on était à l'époque du Congrès annuel des catholiques de France. C'était leur vingtième Assemblée générale.

La séance du 26 avril 1891 fut présidée par le cardinal Richard. Chesnelong y prit la parole. Il remercia l'archevêque de sa récente lettre, et surtout de n'avoir pas demandé aux tenants de la légitimité le sacrifice de leurs opinions politiques. « Vous n'avez pas. voulu, et, pour ma part, je vous en exprime ma reconnaissance, interdire à ceux d'entre nous qui restent attachés à un principe dont la grandeur traditionnelle s'est, pendant plusieurs siècles, confondue avec la grandeur de la France, la loyale fidélité de leurs convictions et de lem"s espérances. »

Ces réserves faites, et cet hommage rendu au passé, l'orateur exposa, avec beaucoup de conv^iction et de chaleur, son programme d'union, béni par Mgr Richard. Il énuméra les revendications qui s'imposaient aux catholiques, puis préconisa la création, dans tous les départements, de comités destinés à grouper les électeurs sur l'unique terrain des libertés religieuses et sociales.

« Peut-être, ajouta-t-il. serait-il désirable qu'à Paris, sous le patronage et sous la bénédiction spéciale de Son

(1) R. P. Lecamiot, op. cit.. t. II, p. 4lo.

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Éminence, il se formât un comité que je pourrais appeler d'impulsion, et qui, sans empiéter sur l'autonomie des comités de province, s'efforcerait de maintenir entre tous l'entente dans les vues comme dans l'action. »

Il termina en suppliant les catholiques de faire trêve à leurs divisions et de s'unir étroitement, afin d'être désormais plus qu'un parti : la France chrétienne demandant le respect de ses droits. « Il importe de faire une union catholique qui ne soit pas seulement à l'état d'aspiration, mais qui soit établie sur d'assez larges et solides bases pour devenir une réalité vivante et agissante. Cette union, le Souverain Pontife, dans ses magnifiques encycliques, qui sont la loi de notre foi, la loi de notre action, la loi de notre cohésion dans notre soumission filiale aux enseignements de la chaire de Pierre, n'a pas cessé de nous la recommander. Son Éminence le cardinal-archevêque de Paris nous y convie avec toutes les effusions de son dévouement pour l'Église et pour la France. EUe est dans les vœux de tous les catholiques, elle est dans la tradition de notre Congrès ; et je ne sais si je me trompe, mais il me semble que, ce soir, toutes les âmes la respirent et y aspirent. Donc, faisons-la, faisons-la en respectant toutes les dignités, toutes les convictions ; faisons-la en n'écartant aucune bonne volonté loyale, ni aucun dévouement sincère ; mais faisons-la, car elle est nécessaire. »

Des applaudissements retentirent dans la salle entière, puis le cardinal se leva : « Je demanderai à M. Chesnelong, dit-il, de vouloir bien, comme président du Comité de Défense religieuse, grouper autour de lui de nouveaux dévouements, de nouvelles énergies. Et, si vous le permettez, dès ce sou-, je donnerai à M. Chesnclong, et au vice-président M. Keller, la mission de compléter, en l'agrandissant, le Comité de Défense religieuse... Du reste, nous n'aurons pas seulement

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