‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 253 sur 302 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

nouvelle œuvre de « remettre la France chrétienne en possession de ses droits. » (1)

Il avait fallu toute l'autorité et toute la souplesse de Chesnelong pour amener des catholiques de tendances aussi diverses que MM. Levé et Eugène Veuillot à se ranger sous un commun drapeau. L'entente une fois obtenue, on se mit à l'œuvre. Le Comité de V Union avait pour secrétaire un journaliste intelligent et dévoué, Gabriel Collin. Non content d'écrire aux évéques et aux catholiques notables des divers diocèses, il fit de la Correspondance hebdomadaire le bulletin attitré et fort apprécié de l'œuvre nouvelle.

( 1 ) En voici le texte intégral :

« Répondant à l'appel de S. Ém. le cardinal archevêque de Paris et nous associant à la grande pensée d'union qui a inspiré sa lettre aux catholiciues sur le devoir social, nous demandons le concours des chrétiens et de tous les honnêtes gens, quelles que soient leurs opinions politiques, pour défendre et réclamer d'iui commun accord les libertés civiles, sociales ot religieuses dont on les dépouille.

y> Au nom de la foi menacée, au nom du salut de la patrie, que l'impiété conduirait à la servitude et à la décadence, si le programme des sectes anti-chrétiennes et maçonniques continuait à passer dans les lois et dans l'administration du paj's, nous les adjurons de s'unir pour revendiquer la liberté religieuse, la liberté d'enseignement, la liberté de la charité, la hberté d'association, et pour obtenir la révision de tout ce qui, dans les lois scolaires, militaires ou fiscales, en est la violation manifeste.

a Le seul moyen de reconquérir ces libertés vitales, c'est de ne nommer aux conseils municipaux et généraux, à la Chambre des Députés et au Sénat, que des hommes franchement dévoués à cette grande cause. Du moment que la religion et la patrie sont en danger, s'abstenir serait une désertion, voter par peur ou par faiblesse pour les complices des sectes antichrétiennes serait une trahison.

> Voilà ce que doivent résolument accepter tous ceux qui ne veulent pas laisser périr en France la foi do nos pères ; voilà ce qu'il faut surtout faire comprendre au peuple, sur qui l'oppression pèse plus lourdement.

1) L'ouvrier cjui vit de son travail est le pi*emier intéressé dans la liberté que nous demandons pour tous. Les doctrines sectaires, qui s'attaquent aux tlroits les plus sacrés de son âme, lui promettent vainement l'amélioration efficace de son sort. La religion, qui fut sa

Cette œuvre répondait trop complètement à la pensée intime de la plupart des évêques pour ne pas obtenir leurs encouragements.

Bientôt Mgr Hugonin, de Bayeux ; Mgr Gilly, de Nîmes ; Mgr Germain, de Coutances ; Mgr Gaussail, de Perpignan ; Mgr Marpot, de Saint-Claude ; Mgr Dabert, de Périgueux. adressèrent au président de V Union chrétienne leurs approbations et leurs promesses.

Les principaux membres du Comité avaient entrepris une campagne de conférences pour gagner des adhésions. M. de Mun avait obtenu, à Bordeaux, un succès de bon augure.

libératrice, sera toujours son meilleur soutien. Seule elle peut assurer sa dignité et relever sa condition par l'ascendant de ces principes de justice et de charité dont l'Église est l'immuable gardienne, et que la dernière encyclique de Léon XIII a remis en pleine lumière avec une si incomparable autorité et une si magnanime sollicitude.

I) Remettre la France chrétienne en possession de ses droits, c'est donc le devoir et la nécessité de l'heure présente. Il importe d'y travailler plus que jamais, par la pliome et parla parole, par la presse et par les conférences, par une propagande active et par une résistance opiniâtre, en usant de tous les moyens légaux dont nous pouvons disposer.

n Nous y serons aidés par toutes ces œuvres admirables que le zèle catholique a fait naître et que nous avons vues grandir et se multiplier dans l'épreuve. Par le bien qu'elles répandent autour d'elles, elles nous susciteront des appuis ; par la force que nous cherchons à créer, nous leur préparons une sauvegarde. Loin de nous la pensée de les détourner de la sphère d'action qui leur est propre. Nous respectons profondément leur autonomie et leur indépendance.

» Mais nous nous tenons à la disposition des comités locaux qui, poursuivant le mémo but que nous, se sont déjà établis ou s'établiront dans d'autres régions de la France. C'est à eux qu'il appartient de s'organiser et d'agir, avec les diversités que chaque pays comporte. Nous leur demandons de se mettre en rapport avec nous, et, de notre côté, nous les tiendrons au courant de ce que nous ferons.

» Notre comité prend un titre qui indique la pensée de sa fondation. 11 s'appelle V Union de la France chrétienne. Nous espérons que, par la généreuse énergie et le concert cordial de tous les efforts, cette Union se constituera partout sur de fortes et larges bases. Puisset-elle, avec l'aide de Dieu, contribuer au relèvement religieux, social et national de notre pays ! «

Page 1