‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 254 sur 302 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

C'est alors que, à la suite du cardinal Richard, de nouveaux prélats, et ceux-ci des plus en vue, manifestèrent ouvertement leur sympathie. Successivement le cardinal Langénieux, archevêque de Reims ; Mgr Foulon, archevêque de Lyon ; Mgr Gouthe-Soulard, archevêque d'Aix, et Mgr Fava, évêque de Grenoble, se distinguèrent par la cordialité de leurs encouragements ; le nouveau nonce lui-même, Mgr Ferrata, semblait, pour le moment, favorable.

D'autres ecclésiastiques de marque demandaient, avant d'adhérer, des éclaii'cissements sur la nature et le but de l'œuvre. Ces questions amenaient Chesnelong à préciser de plus en plus sa pensée. La réponse qu'il adressa à M. de Quincey, vicaire général d'Annecy, expose avec une particulière netteté la raison d'être et les avantages du nouveau groupement. (1)

C'était peu de discourir et d'écrire ; on organisait ; des comités locaux se formaient dans le plupart des

(1) En voici les passages saillants :

« A travers les confusions de l'heure présente, malgré les divergences qui semblent quelquefois séparer des hommes animés de la même foi et du même amour du bien public, deux points me paraissent tout dominer. Et sur ces deux points, grâce à Dieu, l'accord est fait entre tous les catholiques.

» Le premier, c'est que, si la politique sectaire des dix dernières années continuait à peser longtemps sur notre pays, c'en serait fait, sauf la grâce de Dieu, de la France chrétienne, de ses droits et do ses libertés. Le second, c'est que devant un si grand danger pour la religion et pour la patrie, tous les hommes de foi et de bien ont le devoir de s'unir pour défendre d'un commun accord la foi et les libertés chrétiennes également menacées.

» On peut se trouver divisé sur des questions d'avenir. Les uns peuvent penser que la monarchie sera tôt ou tard reprise par la France, que son retour serait une garantie précieuse de relèvement religieux, social et national pour notre pajs ; que, si au contraire, la République devait être à jamais le gouvernement définitif de la France, la liberté de l'Église et les droits des consciences chi-étiennes seraient fatalement tenus en échec et mis de plus en plus en péril ; je dois dire, en toute loyauté, que tel e'^t mon sentiment persomiel.

diocèses ; M. Buffet établissait solidement l'œuvre dans les Vosges ; M. Keller la propageait dans la Manche.

Il fallait assigner aux adhérents un but précis. Chesnelong y pourvut, le F^ septembre, en adressant aux principaux membres des comités de province une circulaire qui contenait les passages suivants : « En dehors de notre appel général à l'opinion, nous avons dès à présent à nous préoccuper des élections partielles qui pourront survenir, et des élections municipales qui se feront dans un an, lesquelles, indépendamment de leur importance propre, réagissent, par le mouvement d'opinion qu'elles créent, sur les élections générales.

» Tout d'abord, il importe de constituer, dans les départements où il n'en existe pas, comme dans ceux où elle ne fonctionne pas activement, une organisation de

D'autres, et je respecte profondément leur appréciation sans la partager, peuvent considérer la cause do la monarchie comme irrévocablement perdue et ne désespèrent pas de voir im jour \.ine République réparatrice et clirétienne succéder à celle dont nous subissons le joug. Ce sont là, je le répète, des questions d'avenir.

" Mais, au-dessus de ces questions, il en est une qui intéresse le présent aussi bien que l'avenir, qui n'est étrangère à rien, mais qui doit être tenue au-dessus de tout ; c'est celle que le vénéré cardinal Richard a posée en ces termes : La France restera-t-elle chrétienne ou doit-elle cesser de l'être ? Cette question primo toutes les autres; c'est vraiment la question fondamentale. Et voilà pourquoi le devoir s'impose à tous do la défendre pour elle-même, sans l'identifier et encore moins la subordonner à une cause politique, quelle ([u'elle soit.

» Or, tel est le terrain sur lequel s'est constituée, sous le patronage de Son Éminence le Cardinal Archevêque de Paris, V Union de la France Chrétienne.

» Elle ne demande à ses adhérents, ni une profession de foi monarchique, ni une profession de foi réijuljliraino. Si elle avait réclamé la première, elle aurait pu éloigner d'elle les catholiques impérialistes ou républicains, et se priver ainsi d'iine portion de ses forces. En exigeant la seconde, elle aurait pu écarter cette partie de l'armée catholique qui a toujours été la plus active et la plus dévouée, la première à lu lutte comme au sacrifice. Pour proup<>r dans une action

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