‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 257 sur 302 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

ce pas ? prendre la responsabilité de ce changement de programme. Outre qu'il répugnerait à nos idées et à nos sentiments, j'estime qu'il serait funeste pour la défense efficace de la cause religieuse dans notre pays. Mais, lors même que nous nous tromperions, lors même que l'intérêt de la défense religieuse exigerait ce programme nouveau, il ne saurait nous appartenir de le préconiser et de le répandre. Notre adhésion, où manqueraient la sincérité et la dignité, ne serait pas une force . A cette politique nouvelle, il faudrait des hommes nouveaux. » (1)

Parmi ces vicis'situdes d'encouragements et de déboires, on atteignit l'époque fixée pour la vingt-unième Assemblée générale des catholiques. L'année précédente, cette Assemblée avait acclamé V Union de la France chrétienîie, et l'on avait des raisons de penser qu'elle en restait solidaire. Si, cette fois, le Saint-Père la bénissait, comme de coutume, ne pourrait -on pas voir, dans cet acte pontifical, un laisser-passer bienveillant en faveur de l'œuvre de Chesnelong et du cardinal Richard ?

Il importait de bien marquer les points par lesquels V Union de la France chrétienne répondait, en fait, aux désirs du Souverain Pontife. On fit parvenir à Rome, dès les premiers jours du Congrès, l'adresse suivante :

« Très Saint Père,

» La vingt-unième Assemblée des cathohques de France éprouve, encore plus que les précédentes, le besoin de se serrer et de s'unir aux pieds de Votre Sainteté. Vous-même, à mesure que des douleurs plus cruelles atteignent l'Église et que des dangers plus grands

(1) Lettre inéditi'.

menacent la société chrétienne, vous multipliez les enseignements de votre haute sagesse et les témoignages de votre soUicitude paternelle.

» L'an dernier, en face de la paix sociale mise en question par les antagonismes qui se creusent entre la propriété et le travail, Votre Sainteté mesurait la profondeur du péril, et posait, avec une autorité incomparable, les principes et les bases d'une réconciliation nécessaire, en rappelant aux patrons et aux ouvriers leurs droits réciproques, leurs devoirs communs et le lien de charité fraternelle qui doit les unir.

» Cette anne'^, portant vos regards, avec une tendresse attristée, s^r notre chère France, et « signalant le )) vaste complot que certains hommes ont formé d'y » anéantir le christianisme et l'animosité qu'ils mettent » à poursuivre la réalisation de leurs desseins, «Vous invitez solennellement « les gens de bien à s'unir comme un » seul homme, tout dissentiment politique mis à part, » pour combattre, par tous les moyens légaux et hon- » nêtes, les abus progressifs de la législation ; » vous leur demandez d'abdiquer tout esprit de parti et de « soute- » nir de concert ce qui prime tout avantage terrestre : » la religion, la cause de Jésus-Christ. »

» Nous inspirant de ces nobles enseignements, nous travaillerons plus que jamais, de toutes nos forces, à réaliser cette union active de tous les gens de bien faisant de la défense de la religion le premier de leurs devoirs patriotiques ; plus que jamais aussi, nous nous appliquerons, par la plume, par la parole, par l'action de nos œuvres, à montrer aux ouvriers que l'Église est leur amie comme elle fut leur divine libératrice, et qu'ils doivent avant tout demander l'amélioration de leur sort aux sentiments de justice, agrandis par la charité, qu'elle a le secret de susciter dans les âmes et qu'elle

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