CHAPITRE XXI
saurait faire passer, si son ascendant était accepté, dans de libres corporations animées de son esprit.
» Ces deux grandes œuvres ne nous feront pas négliger celles que Votre Sainteté avait déjà recommandées par cette série de grands enseignements qui, d'année en année, ont été la lumière du monde catholique et la gloire de votre illustre pontificat.
» Développer les œuvres de foi et de prière, assurer le respect du jour dominical, entretenir et accroître-, par de pieuses confréries, le culte du Très Saint Sacrement et du Sacré-Cœur de Jésus ;
» Prééerver, par les œuvres d'enseignement, la foi des générations qui s'élèvent, et leur offrir, à côté des écoles sans Dieu, d'autres écoles où l'éducation reste hautement et profondément chrétienne ; leur ouvrir aussi, a la sortie de l'école, des patronages populaires où là dignité de leur jeunesse soit sauvegardée ;
» Venir en aide, par les œuvres de charité, aux pauvres, membres souffrants de Jésus-Christ, en leur apportant, avec une assistance qui les soutienne, des témoignages de fraternelle cordiaUté qui les consolent ; ouvru à ceux d'entre eux que l'âge ou la maladie rapproche davantage de l'éternité des asiles où ils seront certains de recevoir, en même temps que des soins admirablement dévoués, les secours suprêmes de la religion ;
» Préparer enfin, par les œuvres de jeunesse, une généreuse phalange d'hommes de cœur et de dévouement qui sauront, à leur tour, revendiquer et défendre les droits de l'Église et les libertés de la France chrétienne,
«Telle est encore, Très Saint Père, dans ses traits principaux, la tâche à laquelle nous avons voulu, depuis vingt ans, et nous voulons toujours, avec la grâce de Dieu et sous la direction de nos évêques. consacrer tout notre cœur et tout notre zèle.
CHESNELOXO . — 36
» Les difi&cultés des temps, la contradiction et l'hostilité des pouvoirs publics, les entraves de la législation, les passions sectaires coalisées pour déraciner le christianisme dans notre pays rendent souvent pénible l'accomphssement de notre tâche, et nous imposent une lutte dont les conditions sont parfois très douloureuses.
» Aussi nos cœurs montent vers Vous, Très Saint Père, pour y puiser la force qui vient d'en haut, et nous avons besoin de penser que Votre Sainteté encourage nos efforts et les bénit.
» Humblement prosternés à ses pieds,
)) Nous la prions de daigner accorder à nous, à nos familles et à nos œuvres, sa bénédiction apostohque ; et nous sommes, avec la plus rehgieuse vénération, de Votre Sainteté,
» Les fils très soumis et très dévoués. »
Cette adresse notait les nombreuses prescriptions de l'Encychque Inter multiplices qui avaient trouvé Chesnelong et ses adhérents fihalement dociles. Un seul point était laissé dans l'ombre : le ralliement proprement dit.
On espérait un encouragement pour les œuvres accomphes et les projets manifestés. Voici la dépêche, que, le 1 2 mai, Chesnelong reçut du cardinal RampoUa ; (( Le Saint-Père a accueilli avec satisfaction les protestations d'absolu dévouement des catholiques français, étroitement unis pour la défense de la liberté religieuse, et, dans la ferme confiance qu'ils suivront, à cet égard, la conduite tracée dans ses dernières lettres, en se plaçant sur le terrain constitutionnel, il leur envoie avec une paternelle affection la bénédiction apostohque. »
C'était un encouragement, mais conditionnel, et qui supposait l'adhésion à la pohtique du ralhement. L'œuvre telle qu'elle était, avec sa neutralité constitutionnelle, n'avait plus la pleine approbation du Saint-Père. Ches-