CH A TITRE XXII
Une heure après, il revenait, brisé de fatigue, et atteint d'un érésipèle à la tête. Le premier jour, on crut à une évolution bénigne de la maladie ; mais bientôt survinrent des complications du côté du cœur ; les forces déclinèrent ; sans apparence de douleur aiguë, le vieillard entra en agonie. Le 22 juillet, il expirait doucement, au milieu de sa famille en larmes, sous la bénédiction du prêtre qui venait de lui administrer l'Extrême-Onction.
La ville d'Orthez se porta tout entière aux funérailles de celui qui si longtemps l'avait administrée, protégée et honorée. Le département des Basses-Pyrénées y délégua ses représentants les plus en vue; les œuvres parisiennes, leurs directeurs les plus distingués. Une centaine de prêtres, en tête desquels marchaient M. Thomas, vicaire général de Paris, M. Casseignau, vicaire général de Bayonne et M. Captier, supérieur général de Saint-Sulpice, escortèrent le cercueil. Dans une improvisation émue, M. Lartigue, archiprêtre d'Orthez, rappela les titres du défunt à la reconnaissance des catholiques ; puis, sans honneurs miUtaLres, sans discours officiels, on déposa ses restes dans le sépulcre où dormaient ceux qu'il avait tant aimés.
Pendant huit jours, la presse de tous les partis rendit hommage à l'orateur, à l'homme d'affaires, au diplo- ,mate, au président d'œuvres catlioliques et sociales. D'autres témoignages plus intimes montrèrent comment, de tous côtés, on appréciait le cœur du grand homme de bien. Un de ses collaborateurs dans les œuvres écrivit, à l'annonce de son décès : « Chesnelong, si bon pour tout le monde, l'a été pour moi plus que pour d'autres. Il m'a montré tant d'affection, surtout dans les épreuves que j"ai traversées, que