CHAPITRE IV
ATTITUDE POLITIQUE. — ACTION RELIGIEUSE. — PRÉLUDE DES CAMPAGNES EN FAVEUR DE LA PAPAUTÉ
Ce n'est pas sans angoisse que le député d'Orthez s'était arraché à sa famille en deuU. Quand il se vit seul dans son petit appartement de la rue Louis-le-Grand, en présence des photographies de ceux qu'il aimait, il eut besoin de toute sa force d'âme pour résister au flot de tristesse qui menaçait de le déprimer.
La situation politique ne pouvait qu'ajouter à ses inquiétudes. La Prusse venait de triompher à Sadowa. Le gouvernement français s'était laissé prendre au dépourvu par la soudaineté du désastre autrichien, et ne pouvait empêcher que ses conséquences n'en fissent un désastre pour notre pays. Les manœuvres obliques et imprudentes de Napoléon III avaient contribué à former, de l'autre côté du Rhin, une nation de 29 millions d'âmes, aux mains d'un pouvoir rapace, impérieux, sans scrupules. Amoindrie dans son influence, humiliée dans son prestige, la France murmurait, tout en cruignant pour lintégrité de ses frontières.
C'est dans ces conditions que Chesnelong, ancien candidat officiel, devait reprench'e place au parlement.