‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 41 sur 302 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

aunes de drap noir ou gris, un chef de communauté puisse créer, en dehors de tout service officiel, des dispenses mihtaires. » Et la majorité, déjà imbue de ce formalisme égalitaire qui devait bientôt prévaloir, repoussa l'amendement.

Cette discussion tourna néanmoins à l'honneur de Chesnelong.

Duruy ayant qualifié d'erronées les assertions historiques de son adversaire, (( Ce sont les convictions d'un néophyte ! » cria Glais-Bizoin, à la joie non dissimulée de la gauche. Chesnelong n'entendit pas, et n'eut connaissance du propos que par le Moniteur.

Le lendemain, il demandait la parole pour un fait personnel: « Ceux qui me connaissent, dit-il, savent et me rendront ce témoignage, que les convictions dont j'ai apporté, lundi, l'expression à la tribune sont celles de ma vie tout entière. Je laisse à l'honorable M. Glais- Bizoin la liberté de fouiller tout à son aise dans mon humble passé ; il n'y trouvera pas un fait, il n'y signalera pas un acte pour lequel j'aie à redouter ses investigations. )^ Ce fier défi fut couvert des applaudissements de la Chambre.

Nous avons tenu à signaler ce premier elïort de Chesnelong en faveur de l'enseignement catholique. Prévoyant, sans doute, que la liberté dos consciences sera l'enjeu de la lutte qui commence, il se lève dès les premières escarmouches ; nous le retrouverons debout, au cours de la campagne, bataillant toujours, remportant des victoires superbes, parfois momentanément vaincu, mais ne désespérant jamais du triomphe final.

Auprès de cette grande cause, les projets de lois sur les conseils municipaux et sur le régime de la boulangerie pouvaient pai'aître de minime conséquence. Par devoir, Chesnelong prit part à la discussion de ces projets ; mais l'attention de la Chambre était ailleurs.

Mécontent de voir la France réclamer l'annexion du grand duché de Luxembourg comme compensation des acrrandissements de la Prusse, le comte de Bismarck avait fait entendre des paroles de menace, et la guerre pouvait éclater au premier jour. Pendant tout le mois d'avril 1867 , lespectredel'invaslonplanasur la Fi-ance angoissée. Enfin, le 1 1 mai, grâce à la médiation des principales puissances, un traité intervint, qui neutralisait le grand-duché, et semblait affermir la paix. C'était la fin d'un sombre cauchemar. De graves sujets d'inquiétude subsistaient néanmoins pour les amis de la dynastie napoléonieime. L'empereur résolut d'y faire diversion en donnant à l'Exposition universelle, récemment ouverte, un incomparable éclat.

En quelques jours, délivrée de l'épouvante, la province déversa sur le Champ-de-Mars des foules curieuses et avides de plaisir. L'un après l'autre, les souverains étrangers arrivaient, depuis le roi de Prusse jusqu'au sultan de Turquie. Ce fut, dans les palais et les ambassades, aussi bien que dans les cafés-concerts et les théâtres, un étalage de luxe, un éclat de mise en scène, une suite de manifestations artistiques, une variété de spectacles gais ou émouvants, grandioses parfois, plus souvent étranges, capables, en tout cas, d'étonner l'Europe. Empereurs et rois admiraient ; ils s'amusaient aussi, plus même qu'il ne seyait à leur dignité ; ils observaient surtout, afin de découvrir, derrière le fastueux décor, les faiblesses ou les tares que soupçonnait leur envieuse curiosité. La féerie dura six mois, à peine interrompue un instant par le bruit du coup de feu dirigé contre l'empereur de Russie et l'écho des détonations qui avaient foudroyé, au Mexique, le malhem'eux Maximilien.

riui8)u^1on<j contemplait avec une inquiétude mêlée

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