XII CHESNELONG
d'affectio7i, ces quelques lignes. Je vous félicite de tout cœur d'une œuvre qui doit contribuer au développement de V esprit chrétien et du sens jmtriotique dans les jeunes générations que nous avons le devoir de former pour Dieu et pour le pays.
Le moment est favorable pour évoquer ces nobles figures. De toutes parts se lève une vaillante jeunesse, dévouée aux œuvres, au Souverain Pontife, à VÉglise. Qu^elle sHnspire du « Montalembert » du R. P. Lecanuet, et du « Chesnelong » de Mgr Laveille !
Chez Vun et Vautre, avec des températnents divers, même générosité, même élévation d^âme, même éloquence au service des saintes causes.
Soyez remercié, cher Monsieur le Vicaire général, pour avoir si bien fait revivre en vos pages le grand homme de bien qui travailla un demi-siècle et mourut au service de la vérité, le courageux apôtre qui a eu le grand honneur de laisser à V Église de France un archevêque et une sœur de Charité.
Je prie Dieu de bénir Vauteur et son livre, qui est, à mes yeux, plus qu'une belle œuvre, une bonne action.
Veuillez agréer, cher Monsieur le Vicaire général, avec mes meilleures félicitations, la nouvelle assurance de mon affectueux dévouement, en N.-S,
Emmanuel,
Evêque de Meaux.
PRÉFACK
Charles Chesnelong est une des grandes figures catholiques et parlementaires de la fin du dernier siècle. Elle a fait déjà l'objet de sérieuses études, et je ne saurais prétendre à la révéler.
L'homme public s'est peint dans ses lettres et ses Mémoires. Quelques-uns de ses écrits, récemment parus, ont spécialement mis en lumière son rôle politique. Ainsi, l'essai de restauration monarchique de 1873, qui fut l'événement capital de sa carrière de député, a été raconté par lui, avec ampleur et sincérité, dans un ouvrage fort répandu (1).
Il y a quelques années, un écrivain de son intimité a publié, dans V Université catholique de Lj^on, une série d'articles qui présentent, en un saisissant relief, les grands traits de sa physionomie et de son œuvre (2). Enfin, un volume de ses
(1) Un témoignage sur un point d'histoire : La campagne monarchique d'octobre 1873. — Paris, Pion, 1895.
(2) Ces articles, dus à la pUune do 11"*' Louise de Guériiies, ont été réunis en trois volumes,. sous ce titre : Charles Chesnelong, son histoire et celle de son temps, par M. do Marcoy. — Librairie Emmanuel Vitte, à Lyon.
XIV CHESNELONO
Discours, édité depuis peu, montre quelle fut sa part dans la conquête de la liberté d'enseignement (1).
Après de si importantes esquisses, il y a place encore, du moins je l'ai pensé, pour un nouveau portrait de cet homme de bien, qui fut à la fois un chrétien de marque supérieure et un grand patriote.
La partie inédite de ses Mémoires et les correspondances de toutes sortes qu'ont bien voulu me confier son fils aîné et ses amis m'ont révélé un père de famille, puis un homme d'affaires, enfin un homme politique et an apôtre encore imparfaitement connus.
L'homme intime a possédé de telles qualités de cœur, de tels trésors de générosité et de tendresse, que son foyer, protégé et sanctifié par lui pendant plus d'un demi-siècle, peut être offert en exemple à toutes les familles. "
L'homme d'affaires qui, par son rôle prépondérant à la Commission du budget, contribua à réédifier, après les désastres de l'invasion, la fortune de la France, mérite d'avoir part à l'hommage que les historiens réservent d'ordinaire à Thiers et à son école.
L'homme politique n'd pas seulement associé son nom au plus nagnanime effort tenté depuis cent ans pour replacer le pays dans ses voies traditionnelles ; il a fourni la plus active collaboration au travial de relèvement religieux, intellectuel et militaire accompli par l'Assemblée Nationale.
(I) Charles Chesnelong, Discours. La lihcrtè de V enseignement. — Paria, BUnid.