CHAPITRE V
LA MALADIE. — RÉÉLECTION AU CORPS LÉGISLATIF. — ACTION EN FAVEUR DU RÉGIME PARLEMENTAIRE
Le surlendemain de l'accident, Chesnelong partait pour Orthez. Il y trouva sa pauvre femme brisée d'émotion, et ses enfants terrifiés par l'inquiétante nouvelle (1). Le mouvement de la maison de commerce aurait pu nuire à la convalescence ; on résolut d'établir le malade à la campagne.
(1) Il faisait écrire, dès le 16 juin, à M. C'hampetier de Ribes : « La secousse a ébranlé tout mon système nerveux, et, depuis le moment fatal, jo ne me suis pas retrouvé tout entier. J'ni dans la tête un vide étrange, une incapacité d'application sérieuse, des douleurs sourdes dans diverses parties du corps et une grande faiblesse dans les jambes. Avec cela, et pour ne rien taire, une grande tristesse et un découragement profond. Il faut réagir, mais le ressort manque encore. Je n'ai rien d'arrêté sur ce que je ferai. Je voudrais reparaître à Pari.s pendant les quinze derniers jours do la session; mais, pour cela. il faut cjue je me remonte. Tant que jo serai dans létat où je me trouve, je resterai ici. Quant à l'avenir, il sera ce que Dieu voudra. J'ai actuellement un grand dégoût de ma situation ; jo me défie de cette premiè're impression, et j'attends...
» Je passe mon temps sans le moindre ennui. A mon lever, je fais une heure de promenade, un livre à la main. Do huit heures à onze heures, je dicte ma correspondance à Marie. Dans l'après-midi, je fais encore quelques lectures ; les intervalles sont remplis par les repas, les conversations du foyer et d'inoffensives parties do cartes. Tout cola serait très doux, si jo me sentais en équilibre. »