‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 67 sur 302 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

fera chose sensée et opportune en le secondant franchement et loyalement. Avec de la sagesss dans tous les pouvoirs publics, la politique gagnera à ces réformes plus de tenue et de suite, les hommes plus de dignité, les corps politiques plus de considération, les libertés préservatrices plus de garanties, l'ordre, un terrain de défense plus large, l'avenir plus de sécurité, l'Empire un gage d'affermissement et de durée (1). »

Ces instances agirent-elles sur le vote de M. Larrabure ? Quelle qu'ait été son attitude finale, la haute Assemblée donna raison à Chesnelong, en votant, le 6 septembre, le sénatus-consulte à une grande majorité : c'était la consécration de l'Empire Hbéral.

Cette nouvelle, aussitôt transmise à Orthez, fortifia les espérances de Chesnelong. Il n'était pas, toutefois, sans inquiétude. L'empereur perdait en partie, par ses indécisions, le mérite de son initiative. On sentait trop que le ministère choisi par lui après la retrai^te de M. Rouher était, dans sa pensée, un moyen de garder un lien entre l'avenir et le passé, et l'on craignait qu'il fût tenté de reprendre en détail ce que, d'un seul coup, il venait de sacrifier.

Cet état de malaise encourageait les entreprises révolutionnaires. Li' Internationale s'enhardissait. Deux journaux, le Rappel et le Réveil, menaient le chœur des violences. Ouvertement, ils prêchaient la révolte et faisaient monter l'outrage jusqu'au souverain ; bientôt leurs lecteurs allaient porter Rochefort au Corps législatif.

C'est dans ces circonstances et au milieu de ces anxiétés que parut le décret de convocation des Chambres. La rentrée était fixée au 29 novembre.

Dès le début, on sentit plus que jamais l'anomalie

(1) Lottn- inMit«s dti 1 noùt 1S()9.

de confier le portefeuille de l'Intérieur, sous le nouveau régime, au patron le plus décidé des candidatures officielles. D'ailleurs, malgré sa valeur personnelle, ]M. de Forcade la Roquette n'avait pu s'élever à la hauteur des difficultés. Impuissant à contenir la gauche radicale, à faire entendre raison à la droite autoritaire, à maintenir l'union des centres, le cabinet du 17 juillet paraissait frappé de stérilité.

On savait l'empereur à la recherche d'hommes nouveaux, et l'on prononçait certains noms. Le souverain avait pensé à Chesnelong ; mais il lui gardait un peu rancune de son action prépondérante dans le groupe des 116 qui lui avaient arraché le message libéral, et surtout de son opposition au rédacteur en chef du Peuple français, Clément Duvernois, un de ses conseillers officieux. Il redoutait peut-être aussi les allures militantes de son catholicisme ; bref, il cherchait maintenant ailleurs ; mais, à l'approche de la crise que tous sentaient venir, les membres des deux centres s'obstinaient à mettre en avant le député d'Orthez.

Celui-ci ne l'ignorait pas, et voici comment il accueillait ces bruits : « Rien n'est fondé, écrivait-il à sa famille, dans les récits des journaux sur ma candidature ministérielle, si ce n'est que plusieurs ont prononcé mon nom, que beaucoup ont désiré mon entrée aux affaires, et que mon cléricahsme trop accusé a seul empêché qu'on se soit sérieusement arrêté à moi, après m'avoir sérieusement discuté, et même à beaucoup d'égards souhaité. Le centre gauche me préférait à tel ou tel autre, et le centre droit était loin de me repousser. Tout cela bien entre nous ; n'en soufflez mot à âme qui vive ! Je bénis doublemenl mon cléricaHsme pour Thon-

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