‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 69 sur 302 · CHAPITRE vr · texte numérisé non relu

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le plébiscite, qui n'avait, à ses yeux, que la valeur d'un expédient, naissait du caractère même du gouvernement impérial ; il en était, en quelque sorte, la base légale, et, en fait, constituait une force pour l'Empire et pour les institutions nouvelles qui l'avaient transformé.

Il eut le regret de ss séparer, sur ce terrain, des ministres dont il estimait le plus le caractère.

Partisan résolu du gouvernement parlementaire sans tempérament ni réserve, M. Buffet s'opposa jusqu'au bout au projet de plébiscite, et, en présence du vote de la Chambre, remit à l'empereur son portefeuille. Il en fut de même, quelques semaines après, de MM. Daru et de

sa liberté, il travaillait à la diminuer et ne réussissait qu'à l'opprimer' Non pas qu'il eût, à proprement parler, la haine tenace et concentrée du sectaire ; il en avait toutefois l'orgueil intraitable et le mépris irrité. Bien qu'il ne manquât pas d'une certaine élévation d'âme, le sens religieux lui faisait absolument défaut. Il était trop épris de luimême et de sa force pour s'élever à cotte liauteur.

1) Au contraire aussi de M. Emile Ollivier, ^f. Gambetta parlait, comme orateur, une langue très peu littéraire. Sa phrase était longue, parfois incorrecte, souvent confuse. Elle s'embarrassait de parenthèses et de propositions incidentes qui lui donnaient, à de certains moments, une allure pesante. Elle était bourrée quelquefois aussi de mots à aspect scientificiue, et revêtait alors je no sais quel caractère étrange do dognmtisnae révolutionnaire. La force de la pensée y manquait souvent, et on n'y rencontrait que très rarement cette délicatesse du trait et cette exacte mesiu-e qui '«ont le signe du bon goût. Tels étaient ses défauts oratoires, et ils s'accusaient, jusque dans ses meilleurs discoiirs, avec une sorte de crudité.

» Mais il a\ait aussi des qualités très remarquables, quelques-unes nïême véritablement supérieures : une dialectique vigoureuse, ime sagacité rapide, une argumenta^^ion animée, ime ardente spontanéité, une passion oratoire dont le frémissement était communicatif. des élans qui venaient à propos secouer l'attention par leur hardiesse imprévue. Los interruptions l'excitaient au lieu de le déconcerter, et il trouvait pour y répondre, tantôt un mot qui portait coup, tantôt un mouvement qui éclatait avec une belle soudaineté?. Il y avait dans sa parole vmo profonde intensité de vio, avec lui mélange de \nlgarité déclamatoire et d'inspiration débordante. Aussi, s'il étAit loin d'être un orateur accompli, il était un orateur puissant. ■• — Mémoire.0, t. I, p. 1G9 et suiv.

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Talhouët. M. Segris passa alors de l'Instruction publique aux Finances, et fut remplacé par M. Mège ; jM. de Gramont prit la place de M. Daru aux Affaires étrangères, et M.Plichon celle de M. de Talhouët aux Travaux publics. Chesnelong appréciait les qualités des nouveaux ministres, à son gré fort estimables. « Malgré tout, disait-il, la base du cabinet se trouve singulièrement diminuée, moins large, partant moins solide. Combien nous allons nous sentir moins forts contre les attaques de la gauche et aussi contre l'entourage intime de l'empereur ! Et puis, ceux qui s'en vont servaient de contrepoids aux oscillations et aux soubresauts de M. le président du Conseil. Ces libéraux représentaient la tradition, la suite, la force, le calme : ils étaient la condition de l'équiHbre, et comme un gage de sécurité (1). »

Des travaux spéciaux allaient distraire Chesnelong de ces soucis. Au début de la session supplémentaire de décembre, il avait été nommé membre de la Commission du budget, qui lui avait immédiatement confié les fonctions de secrétaire. Il avait même été élu rapporteur du budget rectificatif de 1870, que le changement de législature et de régime politique obligeait à établir dans des conditions différentes des budgets antérieurs. Le président de la Commission était alors M. Mège, et M. Busson-Billault avait été éhi rapporteur général du budget de 1871.

M. Mège une fois ministre de lliistiuction pubhque, M. Busson-Billault posa sa candidature à la présidence de la Commission. Qui allait accepter les fonctions de rapporteur général ?

A cette époque, les recettes, les dépenses de tous

(I) Lettre ù M"*" do Guérines, du 31 mai 1S7U.

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