CHAPITRE VII
LA GUERRE DE 1870. LA CHUTE DE l'EMPIRE
Le 3 juillet, les membres de la Commission du budget se rendaient aux séances de la Chambre, lorsque l'un d'entre eux, M. Cochery, dit à ses collègues qu'il allait adresser au gouvernement une question dont le retentissement serait immense.
L'étonnement de Chesnelong fit place à la douleur lorsque, la séance ouverte, M. Cochery demanda au ministre des Affaù'es étrangères s'il était vrai que le trône d'Espagne eût été offert au prince Léopold de Hohenzollern, et que celui-ci fût disposé à l'accepter.
M. de Gramont ne nia pas le fait ; mais, n'ayant pas prévu la question, il assura qu'il avait besoin de nouvelles informations, et promit de s'expliquer dans trois jours. Il ne fallait pas moins qu'un tel délai pour préparei des paroles d'où pouvait sortir la paix ou la guerre.
Le duc de Gramont consulta d'abord le ministre de la Guerre. Le maréchal Lebœuf était optimiste à l'excès ;