LIL. — Il ne fallait pas me le demander
VIVETTE. — On n'a pas été te chercher.
LIL, vexée. — C'est bien, je nie lais... Et je m'en vais. (Elle va à la porte du fond.)
VIVETTE. — C'est ce que lu as de mieux à faire.
LIL, en sortant, insinuante. — Je vous souhaite une chai'mante soirée.
VIVETTE. — Et c'est ce qu'on appelle une amie.
GASTON. — Elle est moins fautive que toi.
VIVETTE. — Naturellement, elle a toutes les qualités.
GASTON. — Tu l'as provoquée.
VIVETTE. — C'est elle qui a commencé.
GASTON. — Non, c'est toi.
VIVETTE. — Vous êtes toujours d'accord conti'e moi. Tu am-ais dû l'épouser, cet ange de perfection.
GASTON. — Que vas-tu encore inventer ?
VIVETTE. — Rien... je me comprends...
GASTON. — N'embrouille pas les choses, veux-tu. Ce n'est pas d'elle qu'il s'agit, mais de toi et du colonel. Et mahilenant que nous sommes seuls, j'exige une explication.
VIVETTE. — Ah ! non merci ! J'en ai assez de tes sottises et de tes jérémiades. Je l'ai déjà averti que je ne les supporterai pas plus longelmps.
GASTON. — C'est ta mauvaise foi qui est insupportable ! Ecoule, Vivelle, fais un effort de sincérité. Il faut que je sache à quoi m'en tenir.
VIVETTE. — Alors, adresse-toi au colonel.
GASTON. — Vivelle, prends garde. C'est ti-ès sérieux, écoule-moi.
VIVETTE. — Je n'ai pas le temps. (Elle va à la porte côté jardin.)
GASTON. — Où vas-tu ?
VIVETTE. — Préparer le dîner. Faire le ti'avail de la cuisinière que lu as (L'imitant avec mépris.) moralement jetée à la porte ! (Elle sort.)