‹ Chez la reine de Saba; chronique ÉthiopienneChapitre 25 sur 39 · BATNA-LEKHEM, LE FILS DU SAGE · texte numérisé non relu

BATNA-LEKHEM, LE FILS DU SAGE

et ils l'ont donné à Chanaan, fils Je Cliam, pour qu'il fût sa part et celle de ses enfants, dans les siècles des siècles. Pour nous notre terre est une terre héréditaire. C'est Dieu môme qui nous l'a donnée, quand il a fait à nos pères cette promesse : « Je vous accorderai une terre dont les fleuves (( roulent le lait et le miel. Elle vous nourrira « continuellement sans vous donner de déboires. (( Chaque saison apportera son fruit sans effort (( pour vous; et je la regarderai d'un bout de l'an- (( née à l'autre. » Cette terre-là, mon Seigneur, est à vous, votre héritage. Vous resterez dans notre Pays, car vous êtes le descendant de David. Seigneur, et mon Seigneur, ce Trône est à vous parce que vous êtes d'Israël.

Les officiers du jeune marchand répondirent : — Notre terre est meilleure que la vôtre, car nous jouissons d'un bon vent sans chaleur ni sécheresse. Nous possédons des fleuves délicieux, et du sommet de nos montagnes coulent le lait et l'eau. Ce n'est pas comme votre pays où, pour avoir de l'eau, il vous faut faire des trous profonds. Nous, nous ne mourons pas de la chaleur, même en plein midi. Nous chassons les bêtes féroces, les buffles, les grands animaux qui possèdent la force et la vitesse, les antilopes et les oiseaux. Dieu nous gratifie chaque année d'un hiver régulier. En été nous battons le blé comme on fait en Egypte. Nos arbres rapportent de bons fruits.

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Nous produisons le froment et l'orge en abondance. Nos troupeaux sont en grand nombre. Tout chez nous vient à miracle. Seulement vous possédez une Science qui nous dépasse, et c'est pourquoi nous exerçons le commerce chez vous (1). Jeas répondit :

— Qu'y a-t-il de plus grand que la Science? C'est elle qui a créé la Terre, déployé le Ciel, soutenu la Mer afin qu'elle ne couvrit pas les continents. Seulement levons-nous et partons, car, le cœur de mon Seigneur le Roi est blessé d'amour. Il m'a envoyé, Seigneur, pour que je vous ramène vite.

Joas se leva sur ces mots, il couvrit de vêtements précieux le Fils de la Reine et les siens qui se disposaient, avec lui, à prendre le chemin de Jérusalem pour aller chez le Roi Salomon.

Quand ils se furent rapprochés du lieu où l'on exerce les chevaux, Joas prit les devants. 11 entra chez le Roi Salomon, il dit :

— Ce fils est plein de beauté... Sa parole est bonne. 11 vous ressemble beaucoup dans tout son extérieur.

Le Roi lui dit :

— Où est-il? Ne t'ai-je pas envoyé pour me le chercher ? Vite (2 ; !

(1) Voir pp. BO et 81 la déclaration du Ras Makonnen.

(2) Rapprocher ce passage de la reconnaissance de Choaregga par Ménélik, p. 62

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BAIXA-LEKHEM, LE FILS DU SAGE

Joas répondit :

— Je suis venu vous avertir que j'étais là et je l'amène vite.

Lorsque la multitude vit le Fils du Sage, elle se prosterna devant lui disant :

— Voilà le Roi Salomon. Il est allé à la promenade !

Ceux qui sortaient du Palais s'étonnaient. Ils retournaient en arrière ; ils centraient dans le Palais, ils voj^aient le Roi sur son Trône. Ils sortaient de nouveau et ils le voyaient encore. Ils ne savaient que dire.

Enfin le fils de Jodahé introduisit Baina-Lekliem chez Salomon. Et quand le Roi eut vu le jeune homme, il se leva, il dégrafa son manteau, il le serra dans ses bras, il le pressa sur sa poitrine, il embrassa sa bouche, son front et ses yeux et lui dit :

— Voilà mon père David, comme il était au temps de sa jeunesse! Il ressuscite d'entre les morts et il me revient.

Il tourna la tête vers ceux qui lui avaient décrit la figure de son fils, et il leur dit:

— Vous m'avez dit qu'il me ressemblait. Ce n'est pas mon apparence qu'il reproduit ! Il ressemble bien davantage à mon père David au temps de sa jeunesse. Il est meilleur que moi!

Il se leva à l'instant même pour entrer dans son appartement. Il habilla son fils dans un vête-

ment d'or ; sur sa tôte, il posa un diadème d'or et, à ses doigts, des bagues de diamant. Le vêtement d'honneur qu'il lui avait donné éblouissait les yeux. Il le fit asseoir sur un trône pareil au sien, tout près du sien. Puis il s'adressa à ses officiers, ceux d'Israël :

— Vous médisiez entre vous, répétant : « Salomon n'a pas d'enfant. » Regardez celui-ci ! c'est mon fils ! C'est le fruit de mon rein ! Le Dieu Créateur d'Israël me l'a donné d'une façon que je né prévoyais pas.

Les officiers répondirent :

— C'est une Mère bénie qui a mis ce jeune homme au monde. Qu'il nous soit donc cher le jour où vous vous êtes uni à sa Mère, car de cet amour il est sorti pour nous un homme éclatant dans la race de Jessé. 11 sera sacré roi pour nous et pour nos descendants qui, resteront fidèles à sa postérité.

Sur ces mots ils offrirent des présents, chacun selon son grade. i.\lors le fils de Salomon prit la bague que sa mère lui avait confiée en secret. 11 la donna à son père et lui dit :

— Prenez votre bague et souvenez- vous de votre alliance avec ma ^Mère que vous avez scellée par votre propre bouche. Je vous prie aussi que vous me donniez, pour que nous les adorions durant notre vie, les vêtements qui habillent l'Arche d'Alliance de Dieu. Ceux qui sont au-dessous de

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nous, les sujets de la Reine d'Ethiopie, en seront bénis.

Le Roi répondit et dit:

— Pourquoi me donnes-tu cette bague ? Tel que je te retrouve tu es moi-même, en vérité, mon fils. Tu n'avais pas besoin de rapporter cette bague pour qu'elle te servît de signe.

Sur quoi Tamrin, Chef des Commerçants de la Reine ^lakeda, prit la parole à son tour. Il dit :

— Prêtez attention, mon Seigneur, le Roi. Voici ce que ma Reine, votre Servante, m'a chargé de vous dire : « Ce Fils , vous le bénirez , vous l'oindrez , <( vous l'élirez, vous le sacrerez Roi de notre pays, « vous ordonnerez que, plus jamais, une femme ne (( règne sur l'Ethiopie dans les siècles des siècles. « Et puis vous me renverrez mon enfant, chez « nous, en paix. Je salue la grandeur de votre « Royaume et votre Sagesse éblouissante. Je n'au- « rais pas voulu que ce Fils vint chez vous ; seule- « ment il m'a fatiguée, me demandant, jours et « nuits, de venir vous trouver. Et moi, je lui re- « fusais, car j'avais peur qu'il tombât malade en « route, qu'il fût attaqué par la soif, par la cha- (( leur du soleil, et qu'ainsi, il fit descendre ma « vieillesse au tombeau dans la tristesse. Je vous « conjure donc par Sion, Sainte, Céleste, par la <( Table de la Loi de Dieu, de ne pas lui refuser le « retour. En effet, pendant que j'habitais chez

« VOUS, j'ai vu comment en usent vos ofi'icicrs. « Ils ne songent plus à aller retrouver leurs fa- « milles à cause de la grandeur de votre Sagesse, « et des aliments merveilleux que Ton reçoit à « votre table. Ils disent : — « Nous sommes « mieux ici à la table de Salomon que dans les « médiocres plaisirs et la liberté de chez nous. » (.( Par cette inquiétude je vous conjure de ne pas « retenir mon fils chez vous, mais de me le ren- « voyer en paix, sans maladie et sans fatigue, (( avec l'amour et avec le salut, afin que mon « cœur soit dans l'allégresse du plaisir en le re- « trouvant. »

Le Roi répondit et dit :

— Quelle puissance la femme a-t-elle sur les enfants, hors la maladie et le soin de les élever ? La fille est pour sa mère, mais le fils est pour son père et Dieu a maudit Eve disant : « Enfante dans (( la douleur et dans la tristesse du cœur, puis, « après que tu auras enfanté, tu retourneras au (( pouvoir de ton mari. » Celui-ci est mon Fils propre. Je ne le rendrai pas à la Reine, mais je le sacrerai Roi, au-dessus d'Israël, car il est mon aine, le sceptre que m'a donné Dieu.

MATIN et soir, Salomon envoyait à son fils des aliments délicieux, des vêtements d'honneur, frangés d'or et d'argent, et il lui faisait dire :

« Il te vaut mieux demeurer dans ce Pays où

« est bâtie la Maison de Dieu, où se trouvent les

« Tables de la Loi. Et Dieu habite parmi nous. »

Son fils lui renvoya un messager qui portait

cette réponse :

« L'or, l'argent, les vêtements précieux ne me

« manqueront pas dans mon Pays. Si je suis venu

(( ici, c'est pour voir votre visage, entendre votre

« Sagesse, m'incliner devant votre puissance, me

« prosterner devant vous. Et, après cela, mon

, « désir est que vous me renvoj^ez vers ma iNIère,

; « dans ma Patrie ; car personne ne hait l'endroit

• « où il est né, et tout le monde aime à entendre le

j « langage de son Pays. C'est en vain que vous

j « me donnez des aliments délicieux et des bois-

j « sons qui exaltent. Mon cœur n'y trouve pas son

(( goût. J'aime mieux l'endroit où j'ai pris mes « leçons, où j'ai grandi. Les aliments de mon « Pays font plaisir à mon cœur comme une nour- (( riture du Ciel. Les montagnes de la terre de (( ma Mère, là où je suis né, ressemblent au Parace dis, et les Tables du Dieu d'Israël m'honoreront, « si je les adore, en quelque endroit que je me « trouve. Pour la Maison de Dieu que vous avez (( bâtie, je puis en élever une à sa ressemblance. « J'offrirai l'holocauste et j'adorerai là où je serai. « Et pour les Tables de la Loi de Dieu, nous (( vous avons prié de nous donner les vêtements « précieux qui les habillent. Nous les adorerons, « ma Mère et moi, et tous nos sujets avec nous, « car, Madame ma Mère, la Reine, a déjà exter- « miné tous ceux qui adorent les idoles, et ceux (( qui adorent les pierres et les arbres. Elle les a (( forcés d'adorer F Arche d'Alliance et les Tables « du Dieu d'Israël. C'est ce qu'elle a appris de « vous ; elle a fait comme vous aviez dit et nous (( adorons le vrai Dieu. »

Cependant Salomon usait de tous les moyens, et sans succès, afin de contraindre son fils à lui céder.

Il le prit à part et lui dit :

— Pour({uoi veux-tu t'en aller loin de moi et repartir pour le pays des païens ? Qu'est-ce qui te manque ? Qu'est-ce qui te pousse à abandonner le Royaume d'Israël ?

BAIXA-LEKIIEM, LE FILS DU SAGE

Son fils lui répondit et dit :

— Il n'est pas convenable que je demeure ici, mais bien que je retourne chez ma Mère. Ne me tentez donc pas, car vous avez un fils qu'il vous faut préférer à moi. Il se nomme Roboam et, lui, il est né, selon la Loi, de votre femme légitime. Pour ma Mère, elle n'était pas vôtre, votre femme légitime selon la Loi. »

Le Roi prit la parole et dit :

— Que veux-tu dire ? Moi non plus je ne suis pas selon la Loi le fils de mon père David ! ^lon père a pris ma mère, qui était la femme d'un autre. Il a fait tuer son mari à la guerre, et moi il m'a engendré d'elle. Dieu a pardonné, car il est miséricordieux. Il le sait : rien n'est plus ignorant que les enfants des hommes. Et qui peut leur pardonner et les éclairer sinon Dieu ? Dieu seul ! Il a permis que je fusse de mon père et toi de moi. Pour toi, mon enfant, crains le Seigneur qui t'a créé. Ne rejette pas la prière de ton père, de peur que toimême, un jour, tu ne connaisses le même sort par celui qui sortira de toi. Prépare à tes descendants sur la terre un sort meilleur que celui qui les attendrait dans ton pays. Pour Roboam, dont tu parles, ce n'est qu'un enfant de sept ans. Quant à toi, mon premier-né, tu es prêt pour être Roi, pour enlever les lances de ton père. Or, moi, j'étais dans la septième année de mon avènement au Trône quand ta mère est venue, et maintenant j'ai vingt-

neuf ans de règne. J'approche de Tàge de mon père. Si Dieu le veut, je rejoindrai bientôt mon père et mes pères. Toi, tu resteras sur mon Trône ; tu gouverneras à ma place, et les Grands d'Israël t'aimeront plus que moi. Reste. Je te marierai. Je te donnerai beaucoup de reines. Je te donnerai beaucoup de maîtresses, autant que tu en voudras. Tu seras béni dans cette terre héréditaire que Dieu a donnée à nos pères lorsqu'il a engagé sa foi àNoé, à Abraham, son ami, à leurs enfants, les saints, qui se sont succédé jusqu'à mon père David. Pour moi, tu le vois, mon fils, je me suis fatigué sur le Trône de mes pères. Tu seras, après moi, comme moi. Tu gouverneras des peuples sans nombre et des commerçants sans compter. L'Arche d'Alliance du Dieu d'Israël sera à toi et à tes descendants. Or, Dieu habite en elle, et en elle, restera ta mémoire jusqu'aux enfants de tes enfants.

Son fils prit la parole et dit :

— Majesté, je ne peux abandonner ni ma Patrie, ni ma Mère. Elle m'a fait jurer par ses mamelles de ne pas rester ici, mais de retourner chez elle, vite. Je ne puis pas me marier ici. La bénédiction de l'Arche me suivra partout où je me trouverai. Ta prière m'accompagnera où je vais, car j'ai voulu voir ton visage, entendre ta parole, prendre ta bénédiction et retourner A^ers ma Mère en paix.

Ayant ejitendu ces paroles, Salomon se leva; il entra dans son appartement; il fit rassembler tous

BAIAA-LEKHEM, LE FILS DU SAGE

ses officiers, ses conseillers, ses intendants, les Grands de son Royaume et il leur dit :

— Je n'ai pu faire céder mon enfant. Écoutez donc maintenant mes paroles. Prônons ensemble la résolution de sacrer mon fils Roi sur l'Ethiopie, et de l'entourer de vos enfants. Vous qui avez le droit de vous tenir à ma droite, vous qui avez le droit de vous tenir à ma gauche, sachez que de même vos enfants occuperont vos places à la droite et à la gauche de mon fils. Je vous demande donc, cà vous tous, mes Officiers, mes Conseillers, mes Intondants, les Grands de mon Royaume : décidez-vous et amenez-moi vos aînés. Ainsi Israël sera en deux Floyaumes : moi je gouvernerai ici avec vous, mon enfant avec vos enfants gouvernera là-bas. Quand sacrerons-nous mon fils pour l'envoyer avec les vôtres? Les grades et les fonctions que je vous ai octroyés ici, vos fils en seront revêtus là-bas. Tout ce dont vous jouissez ici, ils en jouiront chez mon fils. Nous leur enseignerons la Loi du Royaume, nous leur recommanderons de garder les Commandements de Dieu, et nous les enverrons là-bas pour y être des Rois.

Les lévites, les officiers, les conseillers dirent au Roi :

— Vous envoyez votre aîné ? Nous enverrons donc nos premiers-nés, selon votre ordre. On ne peut refuser ni le commandement de Dieu ni le commandement du Roi. Nous sommes vos servi-

CHEZ LA fiRIXE DE SABA

teurs, et, comme vous l'ayez dit, ceux de vos descendants. Si vous aviez voulu vous auriez pu vendre nos fils comme esclaves avec leurs mères. Organisons toutes choses selon la Loi pour envoyer nos fils en Ethiopie et pour qu'ils y restent, eux et leurs descendants, dans les siècles des siècles.

Cela dit, on alla préparer les parfums et rimile du sacre, on sonna les trompettes, on souffla dans les cornes, on fit chanter les flûtes, les harpes, les cithares, on battit les tambours, et la ville entière jeta un grand cri d'allégresse et des cliants.

On introduisit Baina-Lekhem dans le Saint des Saints. On le fit tenir debout entre les cornes du Tabernacle. La Royauté lui fut donnée par la bouche de Sadoq le Grand Prêtre, et par la bouche de Joas, Chef de la Force du Roi Salomon. Sadoq l'oignit d'huile sainte et du parfum de la Royauté. On lui donna le nom de David et il le reçut selon la Loi du Trône.

Puis on le fit sortir de la Maison de Dieu. On le monta sur la mule du roi Salomon, on le promena autour de la ville en chantant :

— Nous t'avons sacré ici î On lui disait encore :

— Salut î le Roi père du Roi !

Quelques-uns ajoutaient :

— Il faudra que ton pouvoir s'étende de la mer

F.AiyA-LEKHEM, LE Fil. S />< SAGE

d'Egypte jusqu'au couchant du soleil, sur toute ri^tlnopie. Tes descendants seront bénis sur la teri'C de l'Asie jusqu'à rcxtrémité de l'Inde. Tu contenteras les habitants de TOrient. Que le Dieu, Créateur d'Israël, te soit un guide. Que les Tables de la Loi t'aident ! Que tes adversaires soient chassés de devant ta face. Que les terres du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest, soient à toi et à tes descendants ! Tu gouverneras des peuples sans nombre. Quanta toi, personne ne te gouvernera. Son père le bénit et dit :

— La bénédiction du Ciel et de la Terre soient sur toi.

Tous les Israëls répondirent :

— Amen !

Alors le Roi Salorami s'adressa au Grand Prêtre Sadoq, et il lui demanda :

— Dis-lui et enseigne-lui la Justice ainsi c|ue la Loi de Dieu, pour qu'il la garde bien, là-bas.

Et Sadoq, le Prêtre, prit la parole en ces termes :

— Ecoute ce que je te dis : si tu exécutes la Loi de Dieu, tu seras béni. Si tu ne marches pas selon la Loi de Dieu, tu seras maudit. Tu seras moins que les païens qui t'entourent; tu seras la proie de la peur, de la tristesse et de la maladie; tu n'auras ni santé ni courage; tout sera maudit de ce qui t'appartient; les tiens, les fruits de ton rein, ton pays, les moissons de la terre, tes troupeaux, tes animaux. Dieu t'enverra la famine et la peste; il

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mettra sa main de colère sur tout ce qui t'appartient, jusqu'à ce que tu sois perdu, jusqu'à ce que le ciel soit, sur ta tête, une plaque de bronze, et la terre, sous tes pieds, une plaque de fer. La pluie sera changée en brouillard et en poussière. Tes sujets seront tous des morts, toute vie sera exterminée jusqu'aux animaux du pays. Tu seras châtié par diverses maladies de peau, la dysenterie et le choléra d'Egypte. Tu tâtonneras en plein jour comme un aveugle. Tu chercheras des guides : tu n'en trouveras pas. Un autre prendra ta femme. Tu bâtiras des maisons et tu ne les habiteras pas. Tu planteras des vignes et tu ne goûteras pas à leurs grappes. Devant toi on tuera ton bœuf gras et tu ne mangeras pas de sa viande. Tes troupeaux appartiendront à tes ennemis et contre eux tu n'auras pas d'aide. Tes fils et filles seront pour une autre nation. Tu verras quand on leur donnera des coups et tu ne pourras rien faire pour eux. Tu seras entouré d'ennemis, tu passeras la nuit dans l'épouvante, tu te diras : « Quand va revenir le jour ? » Voilà tous les maux qui t'arriveront si tu n'obéis pas à la parole de Dieu, et à ses commandements, car Dieu aime qui le craint et hait qui le néglige ; il honore qui Thonore, il aime qui l'aime, il est le maître de la Mort et de la Vie ; il gouverne le Monde entier par sa sagesse et parla puissance de son bras. Écoute donc quelles grâces te seront accordées si tu suis la volonté et la

BAIXA-LEKIIEM, LE FILS DU SAGE

Loi de Dieu : tu seras béni dans toutes tes actions, dans ta demeure, en voyage, en pays étranger, dans le désert, partout où tu iras... »

Les multitudes répondirent :

— Amen!

Et Sadoq continua :

— Les fruits do ta Terre seront bénis et, avec eux, tes fleuves, tes sources, tes troupeaux. Tes biens, tes trésors seront bénis. Tout ce que tu toucheras de tes mains sera béni. Tes ennemis se prosterneront à tes pieds. Tes enfants, tes sujets et tes troupeaux se multiplieront : ils rempliront la Terre. Ton Royaume sera à toi pour toute la durée du Ciel, comme il a été juré à tes pères par Dieu. De plus, il t'ouvrira le trésor des faveurs célestes : il te donnera la pluie en abondance. Tu prêteras ton argent aux païens et tu n'auras pas besoin d'emprunter.Tu vaincras les nations barbares et elles adoreront ta puissance. Tu gouverneras beaucoup de peuples, et personne ne te commandera. Dieu t'a nommé à la tête et non à l'autre bout. Il est bon pour les bons ; il est sévère pour les méchants. Il te donnera le Fruit de Vie si tu cherches la Vérité. Sois patient dans la colère, après tu seras content d'avoir su te modérer. Sois le juge des pauvres, des orphelins, des humbles, et sauve-les des mains des adversaires. Règle ta sentence sur la Vérité, et non sur les dehors des hommes. Ne reçois pas de cadeaux pour fausser la Vérité quand

CHEZ LA fiEJWE DE SAEA

tu juges. Interdis de mrme à tes officiers, à ceux de ton tribunal de recevoir des cadeaux pour fausser ensuite la Justice au profit de leurs amis. Il te faut, conformément à la Vérité, jugei' les riches, les pauvres, tes ennemis même.

Et Sadoq, le Prêtre, se tourne vers ceux d'Israël et il leur dit :

— Vous tous, Hommes d'Israël, entendez et gardez les Commandements que Dieu vous a donnés; c'est lui qui vous dit: « Je suis le Dieu, « ton Créateur, qui t'ai fait sortir de la Terre « d'Egypte, de la Maison de Sen^itude. Tu n'as « pas d'autre Dieu que moi. Ne te fais pas des « Dieux avec des statues, avec les images de ce (( qui existe entre le Ciel et la Terre. N'adore pas « et ne crois pas en dehors de moi, car je suis ton « Créateur, le Dieu Jaloux. Je poursuis le péché « du père sur le fils, quand on me hait, jusqu'à (( la troisième, jusqu'à la quatrième génération, « tandis que je fais miséricorde, jusqu'à lamil- « lième génération, à ceux qui m'aiment et qui pra- « tiquent mes Commandements. Ne parjurez pas (( le nom de votre Dieu, car Dieu ne purifiera pas « ceux qui ont menti en jurant par son nom. Gardez « le jour du Sabbat pour le sanctifier selon la Loi a de Dieu. Elle vous commande de travailler pen- « dant six jours et de consacrer le septième à (( votre Dieu. Ce jour-là vous n'entreprendrez (V aucun travail, mais vous sanctifierez le Sabbat,

BAIXA-I.EKHEM, LE FUS DU SAGE

« VOUS, votre maison, vos serviteurs, vos animaux, « les étrangers mùme qui habiteront chez vous. « Car Dieu a créé en six jours le Monde, le Ciel, a la Terre, la Mer, tout ce qu'ils contiennent; le (( septième jour il s'est reposé et il a béni son rei( pos. Honorez votre père et votre mère, vous « serez bénis et vous aurez longue vie sur votre « terre héréditaire. N'allez pas à la femme d'un « autre. Ne vous tuez pas l'àme ; ne vous cor- « rompez pas, ne volez pas ; ne portez pas de faux « témoignages ; ne vous emportez pas contre un (( ami ; ne convoitez pas le bien d'un autre, ni sa « maison, ni sa terre, ni sa servante, ni sa vache, « ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est « à lui. Tel est l'ordre de Dieu, sa Loi. Et si

quelqu'un désobéit à ces commandements, convertissez-le pour qu'il ne s'obstine pas dans son péché. Et maintenant restez purs de ce péché que Dieu hait entre tous : n'entrez pas dans la maison de celui qui n'est pas de votre race. N'infligez jamais la souillure à votre cœur (1), mais purifiez votre âme en Dieu, car il est le Saint. Il aime ceux qui purifient leur âme et leur corps en lui, car il est le très Majestueux, le Très-Haut, le très Miséricordieux. La gloire sans fin est son apanage dans les siècles. »

Et tels sont les noms des premiers-nés dTsraë

(1) Voirie Léoitique dont les prescriptions textuellement reproduites dans le Manuscrit de Théodoros sont ici abrégées

qui furent choisis pour partir avec David, fils de Salomon, Roi d'Ethiopie :

Azaryas, fils du Grand Prêtre Sadoq, désigné comme Grand Prêtre, Elméyas, fils d'Arni, Archi diacre, le Prophète Natan et Adram, fils d'Arde rones, désignés comme Gouverneurs du peuple Et Fanqéra fils de Soba, Secrétaire des bœufs Et Akontél, fils de Tofél, Eleveur des troupeaux Et Faqaros, fils d'Abia, Chef des Gardes. Et Sa menyas, fils d'Akitalam, Piappeleur des affaires Et Léonandos, fils d'Akiré, Chef des tambours et de toutes les musiques. Et Faquontén, fils dWdrâi, Chef du littoral. Et xMatan, fils deBényas, Grand Maître de la Maison. Et Adaraz, fils de Kirém, Grand Maître de la garde-robe. Et Dalakem, fils de Matrém, Chef des cavaliers. Et AdarN^os, fils de Nédros, Chef de l'infanterie. Et Austéran, fils de Jodad, Porteur de Gloires. Et Astaryon, fils d'Imi, fils de Matatyas, Ministre de la Guerre. Et Makri, fils d'Abisa, Grand Maître du Palais. Et Abis, fils de Karyos, Attacheur des coupables. EtLiqa Ouendeyos, fils de Nélenteyos, Gouverneur de la Cour. Et Karmi, fils d'Hazanyas, Chef des serviteurs de la liaison du Roi. Et Seranyas, fils d'Akazel, Intendant de la Maison du Roi.

Salomon y ajouta de grands présents, des chevaux, des chars, de l'or, de l'argent, du lin, du diamant, des perles et toutes les pierreries qui manquent en Ethiopie.

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