‹ Chez Lénine et Trotski, Moscou, 1921Chapitre 15 sur 18 · pouds(i) de pain · texte numérisé non relu

pouds(i) de pain

farines diverses.

gruau.

graisse.

viande et poisson.

pommes de terre et légumes

sucre.

sel.

La fabrication du pain a été concentrée dans seize boulangeries, dont huit mécaniques. Les huit autres disparaitront lorsque seront terminées deux vastes boulangeries mécaniques actuellement en construction, qui produiront quotidiennement, Tune 11.000, l'autre 9.000 pouds.

Les difficultés de transport et le souci d'un aménagement rationnel de l'économie nationale poussent de plus en plus la Petrocommun à développer la culture maraîchère autour de la capitale. Les progrès, en ce domaine, sont constants et Puchkov espère que, d'ici à un an, surtout si le commerce extérieur reprend, la marmite de la ville rouge, qu'alimentaient pour la plus grosse part les produits des filiales lointaines, pourra bouillir surtout avec les ressources de la province.

Pour le présent, il n'envisage rien de particulièrement inquiétant. La crise de la famine sera, me disait-il, générale, et nous ne recevrons sans doute pas grand chose. Mais à Petrograd, il n'y aura rien de pis que ce qu'on pouvait attendre. Et si nous souffrons quelque peu, ici, nous avons l'habitude...

(1) 1 poud = 16 kilos 38.

LES INSTITUTIONS COMMUNALES ' 1 6g

Une assemblée du Soviet moscovite.

Depuis mon retour, j'ai trouvé dans U Avant- Garde, journal communiste de Genève, un article d'Humbert Droz, daté de Moscou, 20 septembre, sur la seconde assemblée plénière annuelle du Soviet de Moscou.

Humbert Droz représente au Comité exécutif de la IIIe Internationle le Parti communiste suisse. Il assistait avec sa délégation au congrès de juillet et c'est lui qui a bien voulu remplir pour nous, Français, Poffice ennuyeux et délicat de traducteur de l'allemand, office qu'il remplissait à merveille. Ses camarades l'ont délégué là-bas, en permanence, comme nous avons délégué Souvarine. C'est un esprit clair et précis, aux rapports duquel on peut se fier.

Il dépeint le Soviet siégeant, devant une foule nombreuse, dans cette grande salle aux colonnes de marbre blanc de l'ancien Club de la Noblesse, aujourd'hui Maison des Syndicats, où j'ai vu plus d'une réunion se tenir.

Trotski y parle aux délégués de la situation en Ukraine, aux frontières roumaine et polonaise où les bandes blanches continuent leurs incursions. Puis, Kamenev lit son rapport sur la situation alimentaire :

(( Kamenev rapporte : pas de grandes phrases, des chiffres, des statistiques, des précisions.

((La nouvelle politique économique vise à relever la grande production et laisser la petite production se développer librement. Tandis que jusqu'à ce jour toute la population de Moscou recevait une carte alimentaire donnant droit à une répartition gratuite, mais insuffisante de vivres, à partir du i*r octobre, seuls les ouvriers et les ouvrières des

iyO CHEZ LENINE ET TROTSKI

usines nationalisées et travaillant ainsi pour la collectivité, recevront une carte alimentaire donnant droit à un ravitaillement gratuit et suffisant pour eux et leur famille. Le reste de la population, formée en grande partie de petits artisans, de petits commerçants et de travailleurs d'entreprises non nationalisées, devront se tirer d'affaire par leurs propres moyens, en utilisant la liberté du commerce pour écouler leurs produits et pour se procurer la nourriture nécessaire en échange.

« Quand l'abolition du ravitaillement gratuit pour la population permettra de donner aux ouvriers des usines un ravitaillement suffisant, la production nationale se relèvera rapidement. C'est le but de la nouvelle politique économique.

« A Moscou, 26 petites entreprises seulement sont exploitées par d'autres organes que ceux de l'Etat. Cinq sont exploitées par des capitalistes, les 21 autres sont des coopératives ouvrières de production indépendantes de celles de l'Etat. Ces entreprises doivent entretenir en bon état les moyens de production qui restent propriété de l'Etat. Les produits du travail, déduction faite de l'impôt en nature pour location, restent propriété de l'entreprise.

« Les réfectoires des usines nationalisées seront ravitaillés par l'Etat. Les ouvriers ^pourront ou bien se répartir les produits et cuisiner à la maison, ou bien faire cuisine commune à l'usine. Le ravitaillement collectif a donné d'excellents résultats. Une fabrique reçoit une certaine quantité de vivres en échange d'une norme de production. Si elle parvient à écarter les forces inutiles à la production et à réduire le nombre des producteurs au minimum, chaque producteur reçoit une ration plus forte. La production est ainsi débarrassée de tout parasite et les forces de travail libérées pour d'autres travaux.

« Les perspectives de ravitaillement de Moscou dans ces conditions sont bonnes. La récolte de pommes de terre a été très abondante dans le gouvernement de Moscou. Elles seront réparties ayant

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