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LE COMTE DE LARA, DON CARLOS

(Us s’entretiennent d'une grande fête qui a eu lieu la veille.) DON CARLOS.

... Et, naturellement, la Preciosa dansa cette nuit.

LONGFELLOW

LARA

Et jamais elle ne dansa mieux. Elle redescendait sur terre après chaque élan, légère et brillante, à la façon d’un rayon de soleil descendant sur l’eau. Je trouve cette fille merveilleusement belle.

DON CARLOS

Belle d’une beauté surhumaine! Je la vis hier au Prado; elle a la démarche d’une reine et la figure d’une sainte du paradis.

LARA

Une sainte ne peut-elle choir de son paradis et cesser d’être sainte?

DON CARLOS

Pourquoi cette demande ?

LARA

Parce que j’ai ouï dire que cette sainte est déjà tombée, et que, malgré son aspect virginal, Preciosa est, au fond, une pécheresse.

DON CARLOS

Vous l’outragez, en vérité... elle est aussi vertueuse que belle.

LARA

Candide! Hé quoi, pauvre ami, alors qu’il n’y a pas une seule femme vertueuse dans tout Madrid , dans toute la ville, vous me voulez donner comme un type de sagesse une danseuse qui, chaque nuit, se montre demi-nue pour de l’argent, et brûle, par ses gestes voluptueux, le sang des jeunes gens imprudents ?

DON CARLOS

Vous oubliez que c’est une Gypsy?

LARA

D’autant plus facile à conquérir, alors.

LONGFELLOW

DON CARLOS

C’est-à-dire, pas à conquérir du tout. La seule vertu que prise une Gypsy, c’est la chasteté. C’est sa seule vertu, vous entendez, et elle lui est plus chère que la vie. Il me souvient d’une Gypsy, créature éhontée et vile, dont le métier était de livrer la jeunesse au vice et la beauté à la débauche. Pourtant cette misérable était personnellement incorruptible. Un jour, un noble seigneur, séduit par sa beauté, la sauvage et diabolique beauté de sa race, lui offrit à prix d’or de devenir elle-même ce que tant d’autres devenaient par ses soins. Elle se tourna vers lui d’un air de grand mépris et le frappa au visage b

Le Carillon et le beffroi de Bruges portent la date de 1846. Nous avons essayé de vous rendre ces strophes; après les avoir lues, on a vu Bruges [formosis Bruga puellis ), on connaît son histoire. Un autre recueil de miscellanèes suit immédiatement les Poèmes sur Bruges .

1. «Nous ayons dit que les Bohémiennes étaient sobres ; si nous ajoutons qu’elles sont chastes, personne ne nous croira; c’est pourtant la vérité ; leur vertu passe en Russie pour invincible ; aucune séduction n’en peut venir à bout, et des seigneurs jeunes et vieux ont dépensé avec des Bohémiennes des sommes fabuleuses sans en être plus avancés. »

Ainsi dépose Théophile Gautier dans son Voyage en Russie, et le témoignage de cet éclatant styliste nous a paru très intéressant à reproduire ici. Ajoutons, en passant, que dans ce Voyage en Russie, très digne d’être lu d’un bout à l’autre, notre poète a commis de graves oublis; si la Russie a le droit d’être fière de Zichy et des Vendrediens , elle s’enorgueillit aussi de Pouchkine, Gogol et Tourguenef.

LONGFELLOW

ni

Dans cette intéressante série, nous avons surtout remarqué : Un rayon de soleil , Y Arsenal de Springfield, et une pièce intitulée :

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