‹ Chez les anglaisChapitre 18 sur 29 · JACQUES OSMOND · texte numérisé non relu

JACQUES OSMOND

JACQUES, ébranlé.

Lady Jeanne doit se marier !

JACQUES 1er.

OSMOND

Prince Jacques !

JACQUES, brusquement.

Qui êtes-vous? Appelez Wedderburn.

OSMOND

Je suis Osmond, successeur de Wedderburn qui va mourir. Mou emploi est de veiller respectueusement auprès de vous. Je suis un vieux soldat, et ne serai jamais un espion. J’ai à cœur de vous plaire. (Plus bas.) Tenez, "voici une lettre qu’on m’a chargé de vous faire parvenir.

JACQUES, à part.

Il n’a pas l’air d’un traître.

OSMOND

C’est Mary qui me l’a donnée pour vous.

JAC QUES

Mary ! n’est-ce point une jeune fille attachée au service d’une grande dame?

OSMOND

Sans vous commander, prince, ne parlons pas de grandes dames; je n’en connais aucune, leur nom seul me fait peur.

JACQUES

Crois-tu que ce soit cette Mary qui m’écrit?

OSMOND

Pour cela, non, elle n’en est pas capable.

JACQUES I«

JACQUES

Laisse-moi Ull instant. (U ouvre la lettre; après en avoir lu les premières lignes. (A part.) Dieu 1)011 ! SOÎS loué! C’est

sa main qui a tracé ces lignes, sa main a touché

Ce billet. (Il lo baise.) (Osmond s’est retiré près de la porte du fond, tandis que Jacques lit :)

« Jacques, celle qui vous aime autant que son nom, et plus que sa vie, est désormais prête à suivre en vous son maître et son mari. Dans une heure au plus tard, il faut que je vous aie vu. Ma suivante Mary s'est engagée à me faire pénétrer dans votre prison. Alors je vous en dirai davantage. L’inexorable nécessité m’impose cette démarche, que l’honneur de mon sexe réprouve peut-être, mais dont je ne devrai compte qu’à vous. »

OSMOND

Mary viendra avec votre tante.

JACQUES, surpris.

Avec ma tante ! (Se reprenant.) J’entends... (A part.) Ce n’est pas elle qui a dû trouver ce masque... mais il peut nous servir.

OSMOND

Durant cette entrevue, de grâce, parlez bas.

JACQUES

Si le pouvoir de tenir une promesse m’est un jour rendu, souviens-toi que je t’ai promis d’accomplir ton premier vœu.

JACQUES I<*

OSMOND , moitié riant.

Le voici : soulager la terre d’un certain Digbÿ, valet de mylord de Somerset.

JACQUES

Mylord de Somerset a une fille, n’est-ce pas?

OSMOND

Oui, prince, et justement on annonce son mariage pour cette nuit. Ce sera une distraction pour vous d’entendre les chants et la musique.

JACQUES

Tais-toi. Cette lady Jeanne, comment est-elle ?

OSMOND

Vous savez donc son nom? Je parie que c’est Morgan qui vous l’a dit... mais je vous en supplie, n’en parlons plus. Faites comme moi et vous vous en trouverez bien ; me voyez-vous m’occuper de duchesses, être l’amoureux de baronnes?

JACQUES, riant.

Brave homme !

MARY, derrière 'la porte.

Osmond ! c’est nous !

OSMOND

Voici votre tante! vous ne devrez guère la reconnaître, ne l’ayant pas vue depuis dix-huit ans?

JACQUES

Je suis bien heureux et je tremble.

JACQUES Ier.

Entrez.

0 S M 0 N D , ouvrant la porte.

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