NOTRE AMI COMMUN
Tel est le titre, que je n’ai pas bien compris, du roman de Dickens dont, vers 1866, un journal commença dans son feuilleton une traduction interrompue brusquement au sixième numéro. J’ai lu dans le Times une longue étude dont l’auteur anonyme professe une grande admiration pour le dernier livre du plus éminent littérateur anglais
CHARLES DICKENS
contemporain, tout en reconnaissant qu’égale, sinon supérieure à ses devancières, l’œuvre actuelle n’a pas eu le même succès. On en fait remonter la cause au mode de publication. Or, ce mode n’a pas changé. Charles Dickens n’a fait que rester fidèle à sa constante habitude de publier ses romans par séries mensuelles; il y a donc quelque chose encore; — ce quelque chose, la critique l’avoue, c’est l’excessive lenteur d’une exposition tortueuse, qui a impatienté le public. Heureusement Tauchnitz a publié les quatre volumes de Notre Ami commun, et nous avons de quoi former notre opinion.
Le début est sinistre. On y voit une sorte d’écumeur de la Tamise, le nommé Hexam, travaillant avec son bateau ; il vient de trouver le cadavre d’un homme assassiné. L’ancien associé d’Hexam, le nommé Piiderhood, ténébreux coquin, accuse Hexam de l’assassinat. Le cadavre — selon toute apparence, autant dire en toute certitude — est celui d’un certain John Harmond, qui revenait des plus lointains pays pour jouir de la fortune énorme de son père, le vieil Harmond. Ce dernier a légué tous ses biens, à défaut de John son fils, à ses deux vieux serviteurs, M. et Mme Boffin, lesquels, du rang de domestiques à peine gagés de cet Harpagon, passent ainsi sans transition aux jouissances d’un double million. Veuillez bien croire que ce n’est pas Charles Dickens qui vous débite sèchement tout cela en dix lignes. C’est tout au
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plus si, arrivés au tiers de l’ouvrage, nous possédons ces divers éléments de l’action. Du bateau suspect d’Hexam, chargé d’un cadavre, sous le ciel lugubre, sur les eaux sombres, la baguette de l’enchanteur nous transporte sous les lambris clorès des Veneering. Ce tableau, plus gai que le précédent, est traité avec des préférences de pinceau qui nous rendent le vrai Dickens dans son genre favori, celui où il n’a pas de rival, à savoir : la peinture des ridicules et des misères d’une certaine classe de satisfaits... en Angleterre.
Le signe particulier de ces Veneering, homme et femme, bourgeois riches d’hier, c’est que chez eux et autour d’eux tout est neuf, tout reluit. La cuisine est neuve, aussi la batterie de cuisine, les remises et les voitures sont neuves, les domestiques sont neufs, neufs sont les habits et les amis, la rue et la maison sont neuves, le quartier est neuf. Ces gens passent leur vie à donner, sous les prétextes les plus saugrenus, des dîners splendides à des convives neufs comme le reste. Ceux-ci viennent boire et manger chez les Veneering, comme des abonnés à une pension, en professant une généreuse indifférence pour les maîtres de la maison, et ne causent qu’entre eux. Dans cette galerie d’imbéciles et de parasites brillent la vieille coquette Tippins, Podsnap, crétin majestueux, perpendiculairement idiot, et le petit Twemlow, l’ami à rallonges, celui qui passe de si inquiètes heures à se demander s’il est ou n’est
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pas le plus vieil ami des Veneering. Un intérieur plus séduisant que celui des Veneering est celui de la maison occupée jadis par le vieil Harmond, le père de l’homme assassiné, et dévolue par testament avec le reste de sesbiens àM. et Mmc Boffin, deux types de serviteurs introuvables. En effet, au sein de cette richesse improvisée, ils pleurent de tout leur cœur l’héritier légitime disparu, font afficher une récompense royale pour qui découvrira l’assassin, et, en attendant, ils cherchent par le pays un enfant pauvre qui représente à leurs yeux John Harmond, et que leur intention serait de faire élever et d’établir richement.
Ici, l’histoire va prendre un corps. La vieil Harmond, dans son testament, imposait pour femme à son fils une jeune fille du nom de Bella Wilfer, fille de Reginald Wilfer, simple commis. Cette fantasque et délicieuse Bella, veuve en même temps que fiancée, est le rayon de soleil, le sourire printanier de cette œuvre, et assurément une des créations qui font le plus d’honneur à l’art original, moqueur et attendri de Charles Dickens. Bella appartient à une famille nombreuse et besoigneuse, mais riche eirphysionomies agaçantes. Les Wilfer en sont réduits, par le malheur des temps, à prendre un locataire chez eux. Retenez le nom de ce locataire, M. John Rokesmith. Il est appelé à jouer un grand rôle dans le récit, assez enchevêtré d’ailleurs pour qu’il ne soit pas inutile de prendre des points de repère.
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Dans leur sollicitude pour la mémoire de John Harmond, l’assassiné, M. et Mme Boffin recueillent chez eux sa fiancée-veuve : Bella Wilfer la toute charmante, qui n’a qu’un défaut, celui de tenir immodérémen-t à la richesse. Les Boffin traitent Bella comme leur fille et ne se cachent pas du dessein bien arrêté de la doter en princesse, quand se présentera l’épouseur 4e son choix. Dans l’intervalle, l’honnête et un peu excentrique M. Boffin a senti naître en lui le goût des passe-temps littéraires. Un jour, il a recueilli, au coin d’une borne, un homme à jambe de bois, de son état commissionnaire et marchand de penny-songs , et répondant* au nom de Silas Wegg. M. Boffin l’attache à sa personne, en fait son lecteur ordinaire, et finalement l’installe gardien de la sombre demeure du vieil Harmond défunt, quand lui, Boffin, et sa femme, en compagnie de Bella, vont transporter leurs lares dans un hôtel des quartiers élégants, plus conforme à leur nouvelle fortune. La principale distraction de Boffin est d’aller le soir fumer sa pipe auprès de Silas Wegg, qui lui lit Y Histoire romaine.
Silas Wegg est un plat drôle, qui traverse l’action en compagnie d’un certain M. Venus, naturaliste, et amant malheureux de la fille de Biderhood. Biderhood, on s’en souvient, s’est porté l’accusateur d’Hexam qu’il certifie être le meurtrier de John Harmond.
Les gens de la police font cerner la maison
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d’Hexam et l’attendent lui-même au retour de ses quotidiennes expéditions, mais il ne revient pas... il ne reviendra jamais. A un mille de sa demeure, on retrouve la barque d’Hexam, vide, et au fond de l’eau Hexam trépassé. L’inspecteur de police est assisté, dans cette constatation, par l’avoué Mortimer Liglitwood et l’ami de ce dernier, Eugène Wrayburn. Ce misérable Hexam laisse deux enfants, une fille, Lizzie, dont la vue produit une vive impression sur le frivole mais sympathique Eugène Wrayburn, et un jeune garçon présentement à l’école cliez Bradley Headstone, une des figures sinistres de cette mélodramatique histoire.
Après la mort de son père, qui lui laisse pour tout héritage le nom flétri d’un assassin, nous retrouvons Lizzie Hexam attachée à un magasin d’objets de seconde main à l’usage des matelots. Là, nous faisons connaissance avec un personnage épisodique, dans la peinture duquel se retrouve tout entier, avec son entente incomparable du touchant et du bizarre fondus ensemble, l’ancien, le vrai Dickens. Ce personnage est la fille de la maison, Jenny Wren, naine bossue, boiteuse, exerçant la profession de couturière de poupées. Cette pauvre enfant s’éprend de la plus vive amitié pour Lizzie, qui n’a d’autre distraction dans ce réduit morose que de peigner les admirables cheveux de la petite estropiée. Parfois elle reçoit la visité d’Eugène Wrayburn; ces jours-là, elle sourit à l'avenir ; d’autres fois, c’est Bradley Head-
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stone, le maître d’école de son frère, qui la vient voir et la supplie de devenir sa femme, le blasphème à la bouche et presque le poignard à la main. Ces jours-là, Lizzie se désespère et redoute pour l’insouciant Eugène la rage de ce rival farouche.
Un coup de sifflet du machiniste, et le tableau change.
M. Boffin, rentrant un soir chez lui, à sa grande surprise, est accosté dans la rue par un jeune homme inconnu, qui le prie à brûle-pourpoint de le prendre chez lui en qualité de secrétaire.. Ce jeune présomptueux est maître John Rokesmith, le locataire des Wilfer, l’amoureux fou de Bella Wilfer, présentement fille adoptive des Bofün et fiancée- veuve de John Harmond, l’assassiné. L’étrange requête de Rokesmith est accueillie après deux jours de réflexion par Boffin, qui, sans qu’il s’en doutât, avait justement besoin d’un secrétaire. Une fois dans la place, Rokesmith saisit plusieurs occasions de parler d’amour à Bella, qui le reçoit au plus mal et lui expose en toute naïveté qu’elle n’entend faire qu’un mariage d’argent, à seule fin de n’en être pas un jour, comme ses parents, réduite à prendre des locataires. Bella se calomnie un peu, beaucoup, passionnément. Par-dessus l’argent, elle adore son doux petit bonhomme de père, Reginald Wilfer, entièrement effacé au logis par sa majestueuse moitié, mais maître souverain dans le cœur de sa fille. Un moment, tout semble
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menacer Rokesmith. Silas Wegg et divers autres voient de mauvais œil l’installation chez Boffin de cet intrigant secrétaire, que Relia maltraite et dédaigne à ravir. Mais Rokesmith jouit de la plus amicale et solide faveur auprès de l’excellente Mn,e Boffin. Parfois leurs regards se croisent et le rayon d’une larme maternelle brille dans les yeux de la charitable vieille femme.
Cependant Lizzie Hexam continue à gémir sous la honte d’un nom entaché de l’accusation de meurtre. Riderhood a persisté dans son accusation, quoiqu’il ait dû renoncer (la mort d’Hexam arrêtant toute poursuite) à l’énorme récompense promise par Boffin. Qui fut un beau matin pénétré d’une immense joie? Ce fut Lizzie, en recevant des mains du facteur un simple papier portant la rétractation absolue et formelle de Riderhood. Cela n’est point gracieuseté spontanée du misérable. La veille au soft’, il a vu entrer dans son taudis un homme jeune et robuste, habillé en passager, à la vue duquel Riderhood s’est senti glacé d’épouvante.
Cet homme lui a dit : « Riderhood, assassin et voleur, tu vas écrire à Lizzie Hexam que tu en as menti, comme un abominable gibier de potence, en accusant son père. »
Et Riderhood a obéi... et l’homme habillé en passager s’est retiré. — Suivons-le, il rentre dans Londres, et, arrivé auprès du cimetière, il se livre à un monologue éloquent, où l’on voit poindre la
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vérité sur son énergique personne ; puis il ôte sa défroque de matelot et nous présente... John Rokesmith, le locataire de Wilfer, le secrétaire de Boffin, l’amoureux méprisé de Bella. Désormais Lizzie Hexam serait heureuse, sans ses craintes au sujet dÆugène Wrayburn et sans les persécutions redoublées de Bradley Headstone, qui s’attache en nocturne espion à chaque pas d’Eugène. Ce jeune gentleman est, du reste, fort respectueux envers Lizzie et ne lui a témoigné encore son intérêt que sous la forme très morale de leçons scolaires qu’il lui fait donner par un vieillard. La rage de Bradley Headstone est enflammée jusqu’au délire par cette découverte, car il a, lui, maître d’école, offert à Lizzie de l’instruire... et elle a refusé. Lizzie a la douleur de voir son frère se liguer avec Bradley, pour l’amener à un mariage abhorré. L’art des contrastes, où excelle Charles Dickens, ne saurait être poussé plus loin que dans cette opposition entre le brave, l’élégant, le railleur Eugène Wrayburn, esquissé du pinceau le plus délicat, et le louche et désespéré Bradley, âme indomptée et bouillante, sous l’habit sordide d’un gauche pédagogue. Ses déclarations à Lizzie sont des rugissements entrecoupés de pâmoisons épileptiques. Jamais Dickens n'avait montré cette sombre énergie... Lizzie Hexam, affolée de peur, quitte Londres en fugitive et trouve un emploi dans une manufacture de papier à quelques lieues de la métropole.
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La vie tant amère pour Lizzie n’est pas tout miel et tout rose pour Bella Wilfer, l’autre liéroïne de ce drame en partie double... et, de fait, elle mérite bien d’avoir son tour, cette jolie cupide qui, dans sa manie de richesses, reçoit avec tant de mépris l’amour de Rokesmith... soit; Rokesmith n’a que ce qu’il mérite, mais cela regarde Bella, et ce n’est pas une raison pour que M. Boffin traite son secrétaire avec cette injurieuse brutalité qui fait tant souffrir Mme Boffin et, à la longue, Bella. Ici se place l’épisode d’une double conversion.
Ce brave Boffin, qu’on eût cru d’or pur, est devenu plomb vil. Ses millions le rendent méfiant et avare. Il en oublie John Harmond. Sa femme se désole à le voir pâlir sur la vie des avares historiques, où il cherche des inspirations. L’intérieur, jadis gai et riant, s’obscurcit d’une brume affreuse. La victime préférée de Bofün est le secrétaire Rokesmith, qui, chaque jour abreuvé d’ignominies devant Mm® Boffin et devant Bella, reçoit enfin son congé en même temps qu’à bout d’outrages il le demande. L’autre conversion est celle de Bella, transformée à l’aspect du traitement indigne de John Rokesmith; elle s’emporte contre Boffin, proclame qu’elle aime le secrétaire, quitte la maison jadis hospitalière, abandonne richesses, bien-être, élégance. Elle réintègre le domicile Wilfer, laissant Mm Boffin à sa douleur et Boffin à son vice ; puis, elle couronne le tout
en épousant John, qui, pour faire marcher le petit ménage, a pris un emploi, du moins il le dit, chez un marchand de la Cité.
Le châtiment de Boffin ne se fait pas attendre. Son lecteur ordinaire, Silas Wegg, découvre, dans un coin de la maison confiée à sa garde, un testament ignoré du vieil Harmond, qui déclare léguer, dans le cas où son fils ne reviendrait pas, la totalité de ses hiens à la Couronne. Silas Wegg n’est pas homme à laisser une pareille veine inexploitée, et désormais la vie de Boffin, sous les menaces et les insultes et les conditions abusives de ce drôle, devient un intolérable supplice. Mais que Bella, qui rêvait de millions, est une heureuse femme dans son petit cottage de Greenwich avec cent cinquante livres de revenu et son cher John!
Jusqu’à présent il n’est personne qui soit tenté de ne pas prendre au sérieux cette longue histoire fondée sur un meurtre mystérieux et remplie des incidents les plus noirs, tels que l’horrible guetapens où Wrayburn est laissé aux trois quarts mort par le sauvage Bradley, et les remords et le châtiment de ce dernier. Eh bien, à l’exception de ce sombre épisode et de quelques autres moins sanglants, mais encore sinistres, les neuf cents pages que nous venons de traverser ne sont qu’une feinte, un décor, une apparence... destinés à éprouver, à convertir la jolie Bella Wilfer. Maintenant que la voilà éprouvée et convertie,
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que son désintéressement va aujourd’hui jusqu’à redouter cette richesse tant souhaitée jadis, la vérité se découvre et l’intrigue se dénoue.
John Rokesmith ne s’appelle pas John Rokesmith. Cela est déjà louche, ou du moins paraît tel à M. l’inspecteur de police, qui, sur certains documents, vient un jour prier à son domicile le soidisant Rokesmith de s’expliquer sur sa participation présumée au meurtre de John Harmond. Rokesmith a le bonheur de se tirer de ce mauvais pas, en prouvant que John Harmond n’a pas été assassiné, attendu qu’il est lui-même, en personne : John Harmond. Nous apprenons alors qu’il a recouru à ce déguisement, parce qu’il était jaloux de ne devoir qu’à l’amour libre et désintéressé la femme que lui imposait le testament paternel. Boffin et sa femme étaient du complot. Le contretestament découvert par Silas Wegg était un leurre, qui tourne à la confusion du lecteur à’ Histoire romaine. Boffin n’a jamais cessé d’être d’or pur, et le plomb vil était un masque, destiné à dégoûter Bella de la cupidité... Ainsi les Lacédémoniens montraient un esclave ivre à leurs enfants... Vous savez le reste.
Après deux mois d’agonie, Wrayburn ressuscite, épouse Lizzie, dont l’amour l’a sauvé... et l’auteur écrit : Fin.
Tel est le résumé fidèle de cette œuvre longue et singulière, parfois confuse, souvent lumineuse. Cette lecture, faite d’un trait, ressemble à une pro-
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menade en forêt. Parmi cette végétation trop touffue qui est le propre du génie de Dickens, il y a de nombreuses éclaircies, par où l’on aperçoit distinctement, selon qu’il fait jour ou nuit, le soleil ou les étoiles.
Dans cette analyse, j’ai forcément négligé une foule d’accessoires. Il y en a pourtant d’exquis et de tragiques : la mort de Johnny et de la vieille Higden ; l’histoire si comique du ménage Lammle, marié sous les auspices des Veneering ; la punition grotesque de ce petit chenapan de Fledgeby, qui vit de l’usure, sous le nom d’un vénérable Israélite, modèle d’honnêteté, qui gémit de l’emploi où le réduit ce jeune chrétien; l’intérieur de la couturière de poupées; l’amitié fraternelle de Mortimer et d’Eugène; la noyade de Riderhood, et enfin la mort de ce scélérat en compagnie de Bradley; sans parler enfin des belles et utiles digressions sociales qui tiennent comme toujours une grande place dans un livre signé Charles Dickens.
Nous admirons dans ce dernier livre, en dépit d’une double action, qui divise l’intérêt, et de quelques ficelles mélodramatiques, cette verve infatigable au service des petits, des pauvres, des infirmes,, des opprimés; cette poésie originale tirée des plus humbles détails, cette sensibilité puissante qui éclate dans le murmure incohérent d’un enfant qui va mourir. Toutes les cordes du cœur ont rendu leur son le plus pur, sous le doigt de cet enchanteur, maître du rire et des larmes.