‹ Chez les Cannibales de l'Afrique CentraleChapitre 11 sur 59 · GRELOTS D’UN SORCIER A BENGALA · texte numérisé non relu

GRELOTS D’UN SORCIER A BENGALA

Collection de l’auteur.

DE L’AFRIQUE CENTRALE

plumes. Le corps était badigeonné en blanc de même que les côtés de la face, où une large bande noire s’étendait du front au menton.

La peau, nue jusqu’à la taille, était marbrée de grandes taches jaunâtres et les bras avaient été enduits de rouge. Deux vieilles assiettes creuses en faïence, troquées à quelque marchand venu des côtes, recouvraient chaque sein du défunt, maintenues par une corde nouée autour du corps. Deux crosses de mousquets sculptées étaient placées sur ses bras. Des bandes de calicot jaune étaient nouées autour du cou et des coudes et des bracelets de fer polis et luisants surchargeaient chaque poignet. Sur le sol, devant le cadavre, on avait étalé tout un arroi de bizarres images de bois, de fétiches et de charmes de tous genres, communs aux peuplades de ces contrées.

Bien que l’après-midi fût avancé, l’atmosphère était lourde et suffocante, et les énergiques démonstrations de chagrin, auxquelles se livraient les femmes, faisaient couler sur leurs corps barbouillés des ruisseaux de sueur. Les lamentations des pleureuses me devinrent bientôt si pénibles que je fis demi-tour et m’engageai dans un labyrinthe de petites ruelles de traverse. Je rencontrai là encore des groupes d’indigènes surexcités, occupés à discuter avec feu quelque grave question. Je découvris aussi plusieurs autres captifs, ligotés aux poteaux centraux des cases.

Bien qu'en des circonstances ordinaires, la présence d’un blanc dans le village eût créé une grande sensation, je fus surpris de constater qu’on ne faisait guère

attention à mon passage et je pus me promener parmi les cases sans être aucunement inquiété.

Immédiatement après le coucher du soleil, on alluma une série de grandes bûches à l’extrémité du village. Je me hâtai de m’y rendre et trouvai là deux où trois cents indigènes dansant et gesticulant en agitant leurs panaches de plumes et leurs ornements de métal sonores. Us étaient dans un état d’absolue frénésie. Les voix graves des hommes, les battements incessants du tambour, les lamentations éloignées des pleureuses, formaient un charivari indescriptible. Des nuages de poussière voltigeaient et, dans l’air, flottaient des relents de corps nègres en transpiration et l’âcre odeur des bûches qui flambaient. La bise du soir rabattait de temps à autre des colonnes de fumée sur les danseurs, les masquant momentanément à la vue. L’aspect démoniaque des sauvages, éclairés par la lueur livide des grands feux, et toute cette scène mouvementée, avec ses contrastes violents, m’impressionnèrent profondément.

A mesure que mes yeux s’habituaient à cette lumière funèbre, je remarquai de nombreux indigènes dansant au bord d’un trou profond tout récemment creusé. Je me penchai en avant pour mieux voir, me doutant bien de l’aboutissement probable de ces apprêts, et, soudain, je tressaillis en entendant un cri formidable poussé par des centaines de gorges enrouées. Me retournant, j’aperçus plusieurs hommes qui s’avançaient dans la direction du trou noir, en se frayant un chemin à travers la cohue. Un bruit de clochettes

DE L’AFRIQUE CENTRALE

annonça un cortège de danseurs, dont les formes se détachaient en relief puissant quand ils passaient devant les brasiers flambants. Un espace fut dégagé devant le trou, et presque aussitôt, le grand sorcier bondit en avant, le corps couvert de peinture, orné de peaux de léopards et de charmes cliquetants, emblèmes de vie et de mort sur le sauvage d’Afrique.

Ce hideux personnage, avec ses paupières blanchies et son torse maculé de cervelle et de sang de volailles, commença la danse de la mort.

Avec des mouvements sinueux du corps, il exécutait, en tournant dans l’espace libre, des bonds et des sauts qui soulevaient une épaisse poussière, et il psalmodiait une étrange mélopée. Le sinistre possédé accélérait son allure à chaque tour. A la fin, il s’arrêta, ruisselant, poussiéreux, son accoutrement en désordre, et il s’accroupit au bord du trou.

Un autre cri atroce déchira l’air. Dix femmes, épouses du défunt, les mains et les pieds liés, furent traînées de force devant le sorcier et allongées sur le sol.

Peu après, un certain nombre de jeunes gens, esclaves du chef, furent aussi amenés jusqu’au bord du trou. Puis, au cours d’une scène de confusion fantastique, le cadavre du grand chef, enveloppé maintenant dans des pièces de cotonnade et de tissu d’herbe, fut apporté.

Par-dessus les têtes de la cohue, j’entrevoyais des corps sombres lancés dans le trou, et, dans le bruit, je discernais les cris terrifiés des femmes, des infortunées épouses qu’on sacrifiait.

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accoure tan cette vue le fis un dernier effort pour échapper a cette scène de catare En quelques minutes, le parvins a nord au fleuve où mon canot était amarre L'n trdre bref a mes hommes et nous primes .e larve L'n brouillard blanc et les ténèbres . nntrtt a sas trente la rive on . mais

tendant ttute la nuit. ; 'entendis apporté par le vent plaintif le br: uhaha des vtix et 1 incessant roulement

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