COLLIER EN CUIVRE, MALINGA
Collection de l’auteur.
DE L’AFRIQUE CENTRALE
dérobé, être arraché à son corps et caché par un ennemi. Si un malade rêve deux fois d’un même individu, un soupçon naît aussitôt et l’infortuné qui a figuré deux fois dans les cauchemars du moribond peut être accusé de lui dévorer son « moyo ».
Il est de mauvais augure pour un homme d’en montrer un autre du doigt. Tous les indigènes du Congo attachent un sens aux présages. A certains quadrupèdes ou oiseaux se rattachent des influences bonnes ou mauvaises. Chez les Babanghis du haut Congo, par exemple, le hibou est dénommé « l’espion du Mauvais Esprit ».
Les naturels éprouvent une répugnance superstitieuse à parler des morts. S’il leur arrive de mentionner une personne décédée, ils ont coutume d’employer avant son nom le temps passé du verbe « ouidi » , vivre. Si cette précaution est omise, c’en est assez pour soulever immédiatement la colère des parents et des amis du défunt. Quand un mort est enfoui dans le sol, tout danger cesse pour lui d’être exposé aux caprices du Mauvais Esprit et l’on considère comme une vilaine action la seule mention du nom du défunt.
Les images de bois à forme humaine sont communes chez les tribus congolaises et plus particulièrement chez celles qui habitent la région du bas Congo. Ces figures, aux formes plus ou moins fantastiques, sont sculptées généralement par les sorciers qui les vendent pour certaines propriétés particulières dont ils les disent pourvues, et parce qu’elles ont le pouvoir de détourner l’adversité.
Si, par la suite, ces images ne justifient pas les vertus que leur attribuait le vendeur, on les cède promptement à quelque acquéreur crédule, ou bien, dans la colère d’être déçu, le possesseur les défigure, les mutile, les met en pièces.
Les naturels du bas Congo ont coutume d’enregistrer un serment en enfonçant une cheville de bois dur ou un morceau de fer dans la grande figure de bois que possède toujours le chef. Le serment lie celui qui l’a prononcé aussi longtemps que la cheville ou le clou reste dans l’image.
Ces figures de bois sont appelées « nkissi », charmes magiques et la façon dont elles sont taillées dénote une grande ingéniosité. Les visages possèdent souvent des traits fort expressifs et les caractères physiques de la tribu sont fréquemment reproduits avec fidélité.