‹ Chez les Cannibales de l'Afrique CentraleChapitre 40 sur 59 · COUTUMES · texte numérisé non relu

COUTUMES

On ne peut que résumer quelques traits se rapportant aux coutumes les plus importantes, si l’on considère l’extrême diversité de mœurs et de degré d’intelligence des tribus qui forment la population du Congo.

Les indigènes se divisent en clans, tribus et villages, sous l’autorité de chefs nommés par eux. Les clans se distinguent par des différences de type, de dialecte, d’armes et d’ornements, et, chez les tribus du haut Congo, par certaines entailles cicatrisées sur la face et sur le corps.

L’autorité des chefs est rarement héréditaire, bien que le fils aîné soit souvent accepté comme héritier naturel.

Il est rare de rencontrer des vieillards : ou bien ils sont mis à mort sur la dénonciation des sorciers, ou bien on les laisse périr d’inanition quand ils deviennent incapables de pourvoir eux-mêmes à leur subsistance.

Des suicides se produisent parfois, qui sont attribués à des accès de fureur.

Certains actes symboliques se présentent de temps

à autre, comme dans le cas de ce chef bololo qui envoya sa lance à Glave pour indiquer qu’il avait besoin de son secours dans une guerre.

Le temps se calcule d’après les phases de la lune. Les tribus de l’Arouimi désignent le moment de la journée en mesurant des parties de leur pouce gauche, la jointure médiane indiquant midi. Les indigènes n’apprécient aucunement la valeur du temps, et ils ignorent la date de leur naissance et leur âge. Ils sont des joueurs effrénés et il leur arrive fréquemment de risquer leur propre liberté sur les chances d’un jeu.

Plusieurs tribus du haut Congo, notamment les Babanghi de Bololo, solennisent le règlement de différends entre des chefs rivaux par le sacrifice d’un esclave, pour témoigner de leur sincérité. La victime, en ces occasions, subit préalablement une torture qui consiste à lui briser les bras et les jambes. Puis, à la jonction de deux sentiers, on l’enfouit dans la terre jusqu’au cou et on le laisse mourir ainsi en une lente agonie.

Les indigènes expriment l’étonnement en portant la main devant la bouche ouverte et en élevant les sourcils. L’index placé sur la paupière, en même temps que l'on articule la syllabe « nyo », signifie la négative chez les Babanghi.

Pour exprimer la satisfaction, ou pour conclure un marché, on casse un bâton et on coupe en deux un bouquet de feuilles. Dans la tribu Bahouendé, du bas Congo, la main gauche passée de gauche à droite sur

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