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ET DES ENFANTS

La femme, susceptible à tout moment d’être vendue, représente une valeur commerciale, et le proportion des femmes libres est intime. Celles-ci occupent une position sociale inférieure et les divers degrés de l’échelle de la sauvagerie s’observent aisément d’après la manière dont les femmes sont traitées.

Comparées aux hommes, les femmes sont d’une plastique inférieure, ce qui est dû évidemment à leur asservissement et à la décrépitude prématurée qui est la conséquence de leur développement précoce ; on voit souvent des stigmates de souffrances et d’épuisement sur les visages de femmes toutes jeunes.

En se dirigeant de la côte vers l’intérieur du Congo, le type mâle s’améliore au point de vue de la vigueur physique, le type féminin restant plus élevé dans les régions de la côte. Partout la femme cultive le sol, recueille la nourriture et la prépare, fait les provisions de bois et vaque à tous les soins domestiques.

Dès qu’elles ont atteint neuf et dix ans, les filles sont en âge de se marier, ce qui consiste en un simple achat, la transaction s’effectuant soit avec le père, soit

avec le chef du village. Si la femme meurt avant d’avoir donné le jour à un enfant, l’homme a le droit d’exiger du chef ou des parents de la femme le remboursement du prix d’achat.

La vie familiale n’existe pas. Dans les huttes, disposées en longues lignes, les femmes et les très jeunes enfants vivent ensemble, mais les hommes se créent une existence à part. Les habitations n’ont aucun confort ni aucun mobilier.

Dès les premiers signes de grossesse, les femmes se retirent dans une partie spéciale du village à l’écart de la population mâle, dans le bas Congo, « Nzo Ngoudi Nkento ». Elle y reste jusqu’à ce que l’enfant soit sevré. Il est intéressant d’observer ici l’affinité de cette coutume avec une ancienne prescription mosaïque. A propos de l’isolement de la femme pendant la grossesse et l’allaitement, les mères ne disposent d’autres ressources que leur propre lait pour nourrir leur enfant. Pendant l’absence obligatoire de la femme, le mari profite de ce que la loi lui permet la pluralité des épouses, et sa première compagne est immédiatement supplantée par une seconde. Après l’accouchement, il est de coutume pour les femmes d’avaler de la glaise ou du sable. Pour sevrer le nourrisson, elles se barbouillent le sein avec une préparation amère.

Des jumeaux sont généralement considérés comme un présage heureux, et la mère s’en enorgueillit.

Les enfants qui naissent difformes sont habituellement tués, mais on laisse vivre les albinos qui sont un objet de risée et de mépris.

CHEF D’UNE TRIBU DE PYGMÉES Buste bronze d’après nature, par W. Goscombe John R. A. Collection de l’auteur.

DE L’AFRIQUE CENTRALE

L’adultère passe pour un crime, parfois puni de mort, mais, dans la plupart des cas, ce crime se rachète par le paiement d’une amende. Si l’adultère est commis dans l’enceinte du village, l’homme et la femme sont jugés également coupables; s’il est perpétré au dehors, la faute est imputée à l’homme seul. Cette coutume est analogue aussi à une ancienne loi hébraïque.

Les enfants indigènes sont semblables aux nôtres; les plaisirs des bambins africains sont ceux de tous les enfants. Leur mère les caresse et les baptise d’appellations tendres et fleuries.

Dès qu’ils sont en âge de courir, ils se mettent, après le bain et le séchage au soleil, à aller et venir en tous sens, aidant à pêcher de petits poissons, à attraper des oiseaux, et ils jouent à cuire ces aliments sur les tisons des feux de la case. Les garçons se fabriquent des arcs et des flèches à leur taille, naviguent en de petites pirogues et imitent ambitieusement tous les travaux des adultes. Jamais aucun conseiller avisé ne tâche de corriger ou de discipliner leurs instincts naturels. Ils sont bien la progéniture de parents dont l’union est tout à fait passagère.

Il est certain que les nègres de l’Afrique centrale ont dans leur jeunesse une très vive intelligence et une rare promptitude d’esprit. L’atrophie des facultés cérébrales peut être attribuée à la jonction prématurée et à l’ossification subséquente des sutures du crâne, qui arrêtent ainsi l’expansion naturelle du cerveau...

Les indigènes ne tiennent compte d’aucune date; en

conséquence ils ignorent leur âge. Les seules époques qui laissent une trace dans leur esprit sont celles qui ont été marquées par un événement tel qu’une bataille avec une tribu voisine ou la mise à mort d’un élé-

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