MAUX ET MALADIES
Les plus terribles maladies auxquelles sont exposés les naturels du Congo, sont la variole et la maladie du sommeil, appelée « Ntolo » en dialecte banbanghi et « Bokono » en dialecte bangala. Les symptômes de cette affection, extrêmement fréquente et dont la nature a été récemment déterminée, consiste en un endolorissement de l’épine dorsale et un irrésistible besoin de dormir. Le patient succombe généralement six mois après avoir été atteint.
Cette maladie est redoutée à un tel point que la pire malédiction, et la plus effective, qu’un noir puisse proférer est : « Waka ntolo » (Puisses-tu mourir de sommeil). La malaria et la fièvre bilieuse sont très répandues ainsi que l’éléphantiasis, les ulcères et la dysenterie, cette dernière étant peut-être le plus fréquent et le plus fatal de ces maux.
Les remèdes les plus grossiers et les plus extravagants sont appliqués, d’après le principe qu’un mal chasse l’autre. Les herbes médicinales s’emploient couramment avec des résultats salutaires parfois, mais le secret de leur propriété est jalousement gardé par ceux qui en tirent profit. Les rudiments mêmes de l’hygiène sont totalement ignorés, et il est surprenant que le
pays ne soit pas dévasté davantage par les épidémies. Si les chiens parias, les oiseaux, les insectes, les pluies et les grands vents ne procédaient pas à un nettoyage incessant des immondices, la vie dans les villages indigènes serait impossible.
Si un individu est jugé atteint d’une maladie contagieuse, il est brutalement roué de coups, sous lesquels il succombe, et son cadavre est lié à un tronc d’arbre, loin du village, presque toujours sur quelque crête de colline.