CICATRICES
Les tribus de l’intérieur, au delà de Bolobo, pratiquent universellement le procédé des cicatrisations; chaque tribu ou clan adoptant une marque distinctive, ou « Dikouala », sur le visage. L’application du procédé commence dès que l’enfant atteint quatre ou cinq ans. Suivant la marque de la tribu, on fait sur le visage, laj poitrine ou l’abdomen, une série d’incisions profondes, qu’on renouvelle à intervalles de quelques mois en les remplissant de poudre de cam ou de cendres de bois. Cette pénible mutilation répétée pendant plusieurs années donne à la chair des excroissances plus ou moins volumineuses.
Les visages d’un grand nombre de noirs de la tribu babolo, des régions malinga et loupouri, sont fort défigurés parce procédé, des boules de chairs, grosses parfois comme un œuf de pigeon, faisant saillie aux tempes, à la base du nez et au menton. Les Bopoto et d’autres tribus analogues se distinguent par un système particulièrement compliqué de cicatrices.
Cette coutume, telle qu’elle est à présent pratiquée, a une triple origine : premièrement un goût barbare pour le décor; secondement, le désir d’avoir un moyen indiscutable d’identification, et, enfin, la nécessité d'une
entr'aide, puisque tous ceux qui portent une même marque appartiennent au même clan.
C’est à cette pratique qu’ Hérodote décrit comme l’un des traits caractéristiques des Thraces et des Scythes, qu’on peut faire remonter l’origine de l’art héraldique ?