‹ Chez les Cannibales de l'Afrique CentraleChapitre 47 sur 59 · NOURRITURE · texte numérisé non relu

NOURRITURE

Au lever du jour, l’indigène prend un léger repas composé de fruits; dans le courant de la journée, il fait plusieurs collations, mais son principal repas est celui du soir. En général, les noirs sont sobres; pourtant, si un éléphant ou un hippopotame a été tué, ils se gorgent d’une façon extraordinaire et en restent incapables de se mouvoir pendant un certain temps.

Dans la région du bas Congo, les rats tachetés sont considérés comme un mets de choix. On les attrape dans des pièges cylindriques ayant la forme de nasses à anguilles.

Sir Harry Johnston a longuement traité la question de l’alimentation (i). Il semble évident que les habitants actuels du haut Congo n’ont dû occuper cette région qu’à une époque relativement récente. A une date qui ne peut être éloignée, les conditions physiques de la région de la Grande Forêt, où de vastes étendues étaient encore submergées, ne permettaient aucune occupation. L’examen même du régime d’alimentation prouve que d’importants changements ont eu lieu au

(i) George Grenfell and the Congo, par Sir Harry Johnston. G. C. M. G. — K. C. B.

cours de ces derniers siècles, dans cette partie du continent africain. La principale nourriture des habitants actuels du haut Congo, à l’exception du poisson, est presque toute d’origine américaine. Les Pygmées de la Grande Forêt sont les seuls naturels qui paraissent capables de se nourrir de produits indigènes.

Au cas où sa récolte de comestibles exotiques ne réussit pas, une tribu bantou en est réduite à un manque absolu de nourriture.

Dans l’intérieur, dans les districts situés autour de l’Arouimi et du Lomami, l’alimentation consiste en bananes, en manioc et en poisson. Vers la côte occidentale, outre les bananes et le manioc, les indigènes cultivent le maïs, la patate, la canne à sucre, la pistache, les courges, les potirons, l’ananas et le tabac; en outre, le palmier leur donne la noix de coco, l’huile et le vin de palme. Ils utilisent aussi un grand nombre de plantes sauvages, dont les feuilles, hachées et cuites, font un légume qui a la saveur de l’épinard.

Quant au sort des malheureuses volailles du Congo, il y aurait beaucoup à dire sur les souffrances qu’elles endurent à être exposées au soleil et à la pluie. Transportées prisonnières de village en village, de marché en marché, et vivant de ce qu’elles peuvent picorer dans l’étroit rayon de leur entrave, elles sont d’une maigreur vraiment décourageante !

Les porcs se vendent vivants ou dépecés. Il est curieux de remarquer en passant que, dans certaines contrées, la valeur d’un porc est environ deux fois celle d’une femme.

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