VINCENT D'INDY
Fervaal *.
— « Un pastiche wagnérien! ».... Voilà ce qued vers 1900, Ton a dit de Fervaal, et c'était faux... On le répétera donc longtemps encore. A tel titre qu'un charmant camarade me disait, la veille de la répétition :
« Fervaal est un pastiche wagnérien ; je parie que vous direz le contraire... »
Précisément, je vais le faire en ces quelques pages.
Car il faut dire et répéter que Fervaal est une des œuvres les plus hautes et les plus belles de la musique française contemporaine. 11 ne faut pas qu'on écarte d'elle le public en la laissant affubler d'une épithète qui ne lui convient pas.
Une œuvre de telle valeur n'est pas un pastiche, cela va de soi. Quant à être wagnérienne, elle l'est, mais elle a aussi d'autres caractéristiques. Conçue assurément sous l'ascendant de Wagner, elle a subi encore d'autres influences, et elle est riche aussi de l'apport personnel de l'auteur : voilà ce qu'il ne faut pas oublier.
Est-ce qu'on supprime de l'art Jordaens ou Van Dyck, en appelant leurs tableaux « des pastiches de Rubans » ? Certes on ne peut guère imaginer ce que seraient Jordaens ou Van Dyck si Rubensne