AUTOUR DE LA MUSIQUE
Clemenceau librettiste^ (le voile du bonheur)
Quand M. Clemenceau paraît quelque part, ses voisins prennent aussitôt une inconsistance de comparses. Ce démocrate s'impose par l'autorité personnelle la plus tyrannique. Dans la pièce que rOpéra-Comique nous présente, M. Clemenceau tire à lui toute la couverture et tout le Voile du Bonheur.
Le librettiste, M. Paul Ferrier, qui mit en vers élégants la pièce de notre ancien « Premier », disparait. Le musicien même, M. Charles Pons, disparaît, ou peu s'en faut.
Ce n'est pas juste. A une première audition, sa partition semble distinguée, et rien de plus; à la lecture, on lui découvre de réels mérites. On s'aperçoit que maints passages, qui avaient paru d'une élégance un peu facile, sont d'un musicien délicat, plus avisé, plus subtil qu'on ne Pavait cru d'abord. Et l'on voit cette musique se colorer avec beau-
1. Je reproduis, sans le moindre changement, cet article du 27 avril 1911, écrit à propos du Voile du Bonheur.