‹ Chez les musiciens (du 18e siècle à nos jours)Chapitre 8 sur 49 · MÉHUL · texte numérisé non relu

MÉHUL

C'est là un mot plein d'un beau sens ; et vous vous rappelez que l'âpre La Rochefoucauld l'apjpliquait, non sans tendresse, à son amie M"' de jLa Fayette.

Grand et bon Méhul : après des succès et des [Chutes, après plus de trente œuvres et une vie ballottée par la Révolution, il sut vieillir avec grâce. 11 avait presque tout oublié des hommes et même de sa musique ; mais il écoutait encore les silencieuses symphonies qui s'exhalaient des innombrables fleurs de son jardin ; et il avouait à ses amis :

— Je ne vis plus que par le cœur.

Tel fut notre Méhul. Son âme douce, frémissante, et pour qui la poésie fut la sœur divine de l'amour, palpite encore, à demi-voilée, dans son aimable symphonie. Et dès qu'on l'y découvre, cette âme d'autrefois, on se prend à l'aimer.

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