‹ Chez les poètesChapitre 12 sur 63 · CHANSON DU VIEUX TEMPS · texte numérisé non relu

CHANSON DU VIEUX TEMPS

Qui veut en amourette Devenir vite heureux Doit être généreux Et porter riche aigrette.

— Ce qui dames émeut, C'est train de seigneurie ; Mais, par sainte Marie, N'a pas ce train qui veut !

D'une gentille brune Je devins amoureux, Mais, las! pour être heureux Amour ne vaut pécune.

— Ce qui dames émeut C'est train de seigneurie ; Mais, par sainte Marie, N'est argentier qui veut !

J'avais en l'escarcelle Deux beaux écus tout neufs ; Je les donnai tous deux Pour charmer la pucelle.

— Ce qui dames émeut, C'est la galanterie; Mais, par sainte Marie, N'est point galant qui veut!

Alors près de ma mie, Le cœur plein d'un grand feu, Je jurai de par Dieu D'aimer toute la vie.

— Ce qui dames émeut C'est bien forfanterie ; Mais, par sainte Marie, N'a pas ce ton qui veut!

Car après l'embrassade Je fus des plus honteux.

J'avais l'air si piteux Qu'elle me dit : maussade :

— Ce qui dames émeut C'est la folle diablerie; Ah ! par sainte Marie, N'est pas diable qui veut!

Hôla ! ma Pâquerette, J'ai tout usé mon feu!...

En façons comme au jeu, Au doux jeu d'amourette, — Ce qui dames émeut C'est train de seigneurie; Mais, par sainte Marie, N'a pas ce train qui veut !

Ballade de Villon arrangée et rajeunie.

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