‹ Chez les poètesChapitre 27 sur 63 · LA ROSE MOUILLÉE · texte numérisé non relu

LA ROSE MOUILLÉE

Comme Anna présentait une rose à Marie,

Vint une averse et la fleur fut en eau; Et, triste, elle tenait bas sa tête jolie,

Tant lui pesait le liquide fardeau.

Son calice était plein, ses feuilles tout humides;

Elle semblait pleurer maint frais bouton Laissé bien à regret sur les tiges splendides

De son natal et verdoyant buisson.

Vite, je la saisis et la jugeant peu faite

Pour figurer ainsi dans un bouquet, Je la secouai fort, trop fort, car la pauvrette

Tomba rompue à mes pieds. Ah! tel est,

M'écriai-je, souvent le fait impitoyable

D'un délicat qui n'a souci ni peur De froisser, même plus, briser un cœur aimable

Au dur chagrin résigné. Cette Heur Pur ma main secouée avec moins de rudesse

Eût pu briller encore un jour ou deux : Les pleurs que l'on essuie avec un peu d'adresse

Peuvent avoir un sourire après eux.

Traduit de William Cqwpisr.

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