‹ Chez les poètesChapitre 29 sur 63 · SUR UN LIÈVRE BLESSÉ · texte numérisé non relu

SUR UN LIÈVRE BLESSÉ

Homme, maudite soit ton adresse sauvage! Puisses-tu perdre l'œil qui servit ta fureur! Que jamais la pitié d'un soupir te soulage, Que le plaisir jamais réjouisse ton cœur!

Va vivre, vagabond des forêts et des plaines,

Le peu de vie amère encore t'animant;

Les fourrés plus épais, les champs riches de graines,

Ne te donneront plus abri, joie, aliment.

Pauvre mutilé, cherche une sûre retraite Non plus pour ton repos, mais pour ton lit de mort, De hauts joncs bruissant au-dessus de ta tête, Un sol frais pour tes reins dont le sang rouge sort.

Souvent, quand près du Nith, sinueuse rivière, J'attendrai le soir calme ou salûrai, joyeux, L'aube, tes doux ébats manquant à la clairière, Je verserai des pleurs sur ton sort malheureux.

Traduit de Robert Burns.

Page 1