‹ Chez les poètesChapitre 31 sur 63 · LA LYRE ET LA FLEUR · texte numérisé non relu

LA LYRE ET LA FLEUR

Une lyre douce et plaintive Jetait son chant mélodieux Dans la raffale convulsive D'un orage troublant les cieux.

Le vent fit résonner la lyre Mais ne garda rien de son dire.

0 poète aux lèvres de miel, N'adresse tes chansons qu'au ciel ; Qu'espérer d'un peuple en délire?

Ne sois pas comme cette lyre

Oui, cette lyre Indifférente au cœur mortel !

Une ileur fraîche et splendide Laissait choir feuilles et senteur Sur le courant d'une eau rapide Qui baignait un val enchanteur;

Mais l'eau fuyait avec vitesse Sans profiter de sa richesse.

0 cœur aimant, ô tendre cœur.

Ne dissipe point ton ardeur Et tourne au ciel ton âme émue; Ne sois pas cette fleur perdue,

La fleur perdue, Dont nul n'aura gardé l'odeur.

Traduit de Felicia Hemans.

Page 1