‹ Chez les poètesChapitre 40 sur 63 · LE RÉVEIL DE LA SULTANE · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL DE LA SULTANE

Lorsque, vers le matin, le corbeau de la nuit Eut pris son envolée et fait place au doux bruit

Des oiseaux de l'aurore, Que les gais rossignols cachés dans les bosquets Emplissaient l'air des chants et des brillants caquets

De leur gorge sonore, Que la rose entrouvrant les voiles de son sein Avec tous ses boutons, effervescent essaim,

Exhalait son arôme Et que la violette, ornement des gazons, A l'odeur des jasmins étoilant les buissons

Entremêlait son baume,

Zuleïka plongée en un sommeil heureux

Avait le cœur tourné vers l'autel radieux

D'une vision sainte;

C'était moins un sommeil qu'une molle torpeur, Un vague égarement causés par la langueur De la lumière éteinte.

Ses esclaves du front touchèrent ses pieds nus; Ses femmes sur sa main aux doigts longs et menus

Mirent leur lèvre tendre; Alors elle écarta son voile comme un lys Secouant l'eau que l'aube aux rayonnements gris

Dans les fleurs vient répandre, Elle ouvrit ses deux yeux tout chargés de sommeil Et l'on aurait cru voir la lune et le soleil

Jeter leur clarté belle :

Puis sur le lit soyeux son corps blanc se dressa Et sans dire un seul mot son œil se promena

Doucement autour d'elle...

Imilé de Jaumi.

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