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CHANT DU BUVEUR

GHAZEL

Ami, fais couler dans ton verre Les liquides rubis du vin Et mets eu joie, âme sincère, Ton œil triste, ton cœur chagrin !

Ris des bigots à sombre face Et soutiens que leur paradis Avec ses fleuves point n'efface Rokenbad au bleu coloris, Ni que la gracieuse masse Des bosquets du divin pourpris 0 Moseley, point ne surpasse La beauté de tes bords fleuris!

Ne dis rien de la destinée, Mais plutôt parle-moi d'odeurs, De vins pourprés, de jeunes cœurs, Délices d'une âme entraînée;

Tout n'est que nuage ici-bas,

Illusion qui fuit nos pas;

Ainsi donc, aux corps délicats,

Aux parfums, aux vins blancs et roses,

Borne tes vœux sans espérer

Jamais comprendre et pénétrer

La sainte obscurité des choses!

Allons, mon chant, mon simple chant,

Toi qui du cœur vas t'épanchant

Au gré de la bonne nature

Gomme ces perles d'Orient

Que Ton enfile à l'aventure,

Sors de ma lèvre en souriant!

Les belles disent qu'aux oreilles

Tes notes arrivent pareilles

Au plus doux miel, ah! que bien mieux

Elles retentiront encore

Si la charmante que j'adore

Et pour qui je les fais éclore

Goûte leur bruit harmonieux.

Imité d'IlAFiz.

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