L ILLUSION
Seule et toute attristée, à la chute du jour
Elle va sur la route atlendre son amour.
Mais 1'oinbre qui commence à croître diminue
L'espace qu'elle peut embrasser de sa vue,
Espace entrecoupé de plus d'un creux ravin
Qui retarde les pas du voyageur lointain.
Ne pouvant plus rien voir à travers la campagne.
Elle prend son parti, se retourne et regagne
Lentement son vieux toit de palmes abrité.
Pourtant l'illusion demeure à son côté.
A peine a-t-elle fait un pas qu'elle s'arrête
Et voilà qu'aussitôt elle tourne la tête,
Le cœur tout battant d'aise au moindre petit bruit,
S'imaginant qu'il vient, qu'il est là, que c'est lui!
Mais derrière elle, hélas! il ne marche personne
Et son pas dans la nuit est le seul qui résonne.