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soir, un encensoir et les ornements nécessaires à la bénédiction du Saint-Sacrement. Nous nous servimes donc de l'encensoir, selon les rubriques, et le point le plus admiré du service funèbre, fut qu’on avait « emboucané » le cercueil avec la « résine précieuse ».
— Quelle chance pourtant de mourir quand le prêtre est là ! disaient-ils au sortir de la cérémonie. Quand il nous faudra mourir nous autres, qui viendra nous enterrer au milieu de nuages de fumée de résine précieuse comme on vient de faire pour notre frère décédé ?
Les trois derniers jours de la mission, nous eûmes pour la première fois au lac Babine la bénédiction du Saint- Sacrement, c’est-à-dire la cérémonie de la « boucane » comme ils disent dans leur langue. J'espère qu'ils y virent plus que la fumée de l’encens, et leur recueillement et leur zèle à chanter les prières liturgiques me disaient assez qu’ils y découvraient, bien que caché sous le voile des saintes espèces. Celui qui a dit: Venite ad me omnes qui lahoratis et onerati estis, et ego reficiam vos (1).
Même ceux qui hésitaïient à se conformer en tout aux ordonnances de Monseigneur s’empressèrent d'assister aux saluts, mêlant leurs chants à ceux de leurs compatriotes mieux disposés.
Ma tâche achevée au lac Babine, il me fallut partir pour aller visiter les Babines de la rivière, parmi lesquels je devais continuer l’œuvre d'épuration que j'avais déjà commencée,
Ici quelques mots d'explication deviennent nécessaires.
Les Babines de la rivière Buckley habitaient jadis un village silué près d'une cataracte à environ 4#ÿ milles en
(1) Venez à moi vous tous qui souffrez et êtes surchazgés et je vous réconforterai, Math., XI, 28.